Gestion quotidienne & pilotage stratégique :
éliminez vos doutes, contactez un expert SVP

  • Téléphone
  • App mobile
  • Ordinateur

    Conjoncture : le mythe d'un regain de pouvoir d'achat ?

    18 octobre 2018

    Le deuxième trimestre 2018 a été marqué par un nouveau ralentissement de la croissance française à 0,2%. Cette nouvelle dégradation de l'économie française s'explique par un contexte international mouvementé avec à la fois une remontée des prix de l'énergie, l'appréciation passée de l'euro et le contexte d'incertitude lié aux tensions protectionnistes poussées en majeure partie par les Etats-Unis. Pour l'année 2018, l'INSEE prévoit une croissance de 1,6%, soit un ralentissement marquant par rapport à l'année 2017 (+2,3%), et un pouvoir d'achat attendu à la hausse.

    Des gains de pouvoir d'achat malgré un coup de frein sur la croissance française

    Comme pour le premier trimestre, la France est de nouveau frappée par un trou d'air en matière économique avec une croissance du PIB à +0,2%. Par rapport à nos voisins européens, la France est davantage touchée au sens où l'on constate que l'activité de l'ensemble de la zone euro a augmenté de +0,4%. Ce coup de frein qui touche l'économie française s'explique par des facteurs internes. En effet, la consommation des ménages a subi les grèves dans les transports, une inflation de l'énergie liée aux hausses des cours du pétrole et du gaz ainsi qu'un début d'année marqué par une hausse du pouvoir d'achat des français qui peine à être ressentie par les ménages.

    D'après plusieurs économistes, le pouvoir d'achat est attendu à la hausse d'ici la fin de l'année. L'INSEE tient le discours le plus optimiste avec une inflation en dessous des 2%, une accélération des salaires nominaux et un impact positif de la fiscalité avec la suppression du reliquat de cotisation d'assurance chômage pour les salariés et la baisse de la taxe d'habitation pour les ménages concernés.

    Toutefois, en regardant de près la loi de finance de 2018, les principales mesures qui visent le pouvoir d'achat sont principalement d'ordre fiscal. A titre d'exemple, il y a évidemment la baisse de la taxe d'habitation, la suppression des cotisations d'assurance chômage pour les salariés, la réforme de l'ISF, la mise en place du prélèvement forfaitaire unique (PFU), la hausse de la fiscalité écologique et le tabac, etc. Cependant, d'après les économistes de l'OFCE, ces mesures n'auront pas d'impact en 2018 mais dès 2019. En effet, d'après les auteurs de l'étude, " l'ensemble des mesures socio-fiscales engendrerait un gain de pouvoir d'achat de 3,5 milliards en 2019 (0,3 point de revenu disponible brut), après 0,1 milliard en 2018 (0,0 point de RDB) ". Et il est vrai que pour cette année 2018, en dehors des facteurs exogènes, les mesures gouvernementales visant à augmenter la fiche de paie des salariés se sont soldées par peu d'effets dans la mesure où la hausse de la CSG a limité l'impact sur le revenu des salariés.

    Un contexte international complètement incertain pour l'économie française

    Le contexte international et l'évolution des prix de l'énergie restent des facteurs externes incertains et leurs impacts sur l'économie ne sont pas dérisoires. Malgré des tensions protectionnistes croissantes, le commerce mondial devrait retrouver du dynamisme au second semestre 2018. L'activité aux Etats-Unis ralentirait un peu au second semestre 2018 mais dans l'ensemble, la croissance américaine serait soutenue d'ici la fin de l'année grâce à la consommation des ménages et à l'investissement des entreprises. Les économies émergentes restent toutefois dans une zone de turbulence puisque les tensions diplomatiques avec les Etats-Unis ont des impacts non-négligeables à la fois sur l'énergie et le volet monétaire.

    L'incertitude internationale touche principalement la demande mondiale en pétrole et l'évolution des cours du Brent. Comme nous l'évoquions dans notre note sur le pétrole, le contexte géopolitique influe sur les cours du Brent. Les États-Unis ont décidé de dénoncer cet été l'accord sur le nucléaire iranien. La volonté du Président américain Donald Trump est d'isoler l'Iran de la scène internationale. L'administration Trump avait déjà annoncé vouloir réduire à néant les exportations de pétrole brut iranien. Dans cet objectif, les américains ont mis en place des sanctions et la plus importante consiste à pénaliser fortement tous les pays qui collaborent économiquement avec l'Iran.

    La croissance française attendue à +1,6% pour l'année 2018 selon l'INSEE

    D'après les prévisions de l'INSEE, l'économie française devrait retrouver du tonus d'ici la fin de l'année. La recette formulée par l'institution statistique repose sur plusieurs ingrédients qui, lorsqu'ils sont réunis, devrait permettre à l'économie française de renouer avec des niveaux de croissance supérieurs aux deux premiers trimestres.

    Le moral des entreprises s'étant stabilisé, l'activité économique du troisième trimestre devrait bénéficier d'un nouvel élan provenant principalement de l'industrie où l'investissement des entreprises est attendu à la hausse. Le retour du pouvoir d'achat devrait dynamiser la consommation des ménages. Cependant, l'emploi devrait ralentir, l'INSEE prévoyant une création nette d'emplois de 129 000 en 2018, contre 342 000 en 2017. Quant au taux de chômage, il est attendu à près de 8,9% de la population active, soit le même niveau qu'en 2017.

    Ainsi, la croissance française s'établirait à +1,6% en 2018, loin derrière l'année 2017 où la France avait atteint une croissance du PIB de 2,3% en 2017. Les prévisions de l'INSEE et de la Banque de France convergent vers les +1,7% de croissance prévue par le Gouvernement. Il est vrai que c'est une nouvelle qui devrait être bien accueillie par l'exécutif même s'il est sans doute précoce d'en tirer des conclusions positives.

    Cette lettre est réalisée par : Kader Berachoua, Stéphane Chen, Pierre-louis Passalacqua

    Les articles des experts SVP sur le même thème :