Coton bio et bambou. C'est la bio attitude dans la filière textile.

23 mars 2010

La bio attitude : tendance à la mode, tout le monde s'y engouffre. Les consommateurs peuvent difficilement échapper à l'actuel matraquage médiatique, politique et commercial, mais attention à l'authenticité du mot " biologique ".

Coton bio : le 100 % biologique existe-t-il ?

Pour pouvoir revendiquer l'appellation de coton issu de l'agriculture biologique il faut que la culture du coton respecte le règlement européen CE 834/2007 à savoir une très faible utilisation des pesticides, une obligation de rotation des parcelles cultivées ou encore une distance minimale à respecter vis-à-vis des parcelles de coton conventionnel. Tout fabricant ou distributeur doit être en mesure de fournir des certificats délivrés par des organismes certificateurs agréés et de prouver que le coton utilisé dans le produit fini en question, a été certifié.

L'appellation coton biologique demeure délicate et peut induire en erreur le consommateur ; en effet seule la fleur de coton est cultivée de façon biologique mais la transformation de la fibre a nécessité des traitements, lavages et teintures qui ne sont ne sont pas biologiques. Le produit fini n'est donc pas 100% biologique.

Bambou : écologique certes, mais est-il aussi vert qu'il en a l'air ?

Cultivé sans engrais ni pesticide, le bambou absorbe une grande quantité de gaz à effet de serre, produit davantage d'oxygène qu'un arbre et réclame quatre fois moins d'eau qu'une culture de coton traditionnelle. Par ailleurs, ses profondes racines empêchent l'érosion du sol, et la plante pousse rapidement, jusqu'à un mètre par jour. En revanche, dès qu'il s'agit de transformer le bambou en tissu, la chimie s'en mêle. Le procédé consiste à déchiqueter la tige pour en faire des copeaux. Puis on les cuit dans une solution chimique pour obtenir une feuille, que l'on dissout avant de la transformer en fibres de viscose à l'aide de différents produits chimiques : soude, sulfure de carbone ou acétone. Ecologiquement parlant, c'est là que le bât blesse. Il s'agit d'une fibre artificielle, pas synthétique certes, mais pas naturelle non plus. C'est pourquoi les étiquettes "mélange bambou-coton", "bambou-soie" ou "100 % bambou" doivent disparaitre pour laisser la place aux appellations viscose de bambou, et pourquoi pas uniquement viscose. D'ici 2011, un affichage environnemental sur chaque produit devrait voir le jour.

En attendant, la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) s'engage sur ce sujet pour éviter tout abus éventuel.



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Cette lettre est réalisée par : Roseline Chambrier, Rosine Magnier, Jacques Dugravier


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