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Economie française : premier bilan 2015 et perspectives 2016

27 janvier 2016

Selon les premières estimations de l'INSEE, l'activité économique de la France, à l'image de l'économie mondiale, s'est montrée peu dynamique avec un taux de croissance du PIB de 1,1% contre 0,2% en 2014. En raison d'un taux de chômage élevé, la hausse du pouvoir d'achat des ménages n'a pas tonifié la consommation et les achats de logements. Faute de perspectives tangibles, les entreprises restent prudentes dans leur politique d'embauches et d'investissements.

Ralentissement de la croissance mondiale

Le FMI estime que l'activité mondiale a ralenti en 2015 avec une croissance de 3,1% contre 3,4% en 2014. Les économies avancées ont légèrement progressé (+1,9% contre 1,8% en 2014), tandis que l'activité s'essouffle dans les pays émergents, en raison de la forte baisse des cours des matières premières et notamment du pétrole. En 2015, quelques pays occidentaux ont connu un dynamisme économique à l'image des Etats-Unis (+2,5% de taux de croissance du PIB) et du Royaume-Uni (2,2%). Au sein de la zone euro, l'Espagne, les Pays Bas, la République tchèque et la Pologne ont confirmé la reprise entamée en 2014. En Chine, le taux de croissance a subi un nouveau ralentissement (+6,9% contre 7,7% en 2014). Marquée par la persistance de la crise, le commerce mondial ralentit. Les échanges mondiaux, qui évoluaient jusqu'en 2012 à un rythme bien supérieur à celui du PIB, progressent désormais moins vite (+2,6%) que la production mondiale.

Consommation peu dynamique malgré l'absence d'inflation

En France, l'absence d'inflation, en 2014 et 2015, a amélioré le pouvoir d'achat des ménages (+1,3% par unité de consommation en 2015 après +0,7% en 2014). Cependant, l'augmentation des dépenses (+1,4% contre +0,6% en 2014) est due pour partie à l'achat d'énergie en hausse (+3,9% contre -8,9% en 2014), les températures étant inférieures à celles de l'hiver précédent. Les achats de produits manufacturés se sont accélérés (+2,1% contre +0,6% en 2014). Le taux d'épargne s'est maintenu au-dessus de 15% du revenu disponible. Le manque de confiance en l'avenir s'est aussi traduit par un nouveau recul des achats de logements (-3% après -5% en 2014).

Légère hausse de l'investissement des entreprises

Le taux de marge des entreprises a bénéficié de la baisse des prix de l'énergie, du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) et des baisses de charges, dans un contexte de taux d'intérêt bas. Malgré ces tendances favorables, les investissements ont progressé seulement de 2% comme en 2014. Les entreprises se sont consacrées aux biens d'équipement, au détriment des dépenses en construction. Les secteurs les plus dynamiques ont été le commerce et les services, le secteur de la construction continuant de se dégrader. Sur le front de l'emploi, seul le secteur tertiaire crée des emplois (89 000 créations nettes dont 38 000 dans l'intérim). En tenant compte des emplois aidés, l'emploi total augmente de 127 000 postes (32 000 en 2014). Le taux de chômage s'est, quant à lui, stabilisé à 10,5%.

Légère reprise de l'activité en 2016

Pour le FMI, l'activité économique mondiale demeure influencée par le ralentissement de l'économie chinoise et sa politique de relance de la demande intérieure (consommation et investissements). L'année 2016 sera aussi marquée par la baisse des prix de l'énergie et des matières premières ainsi que des politiques monétaires plus souples à l'exception toutefois des Etats-Unis. En ce qui concerne la France, les banques estiment que la croissance du PIB serait de 1,4% en 2016 et 1,6% en 2017. L'inflation augmenterait soutenue par la hausse du prix des services et des salaires, les prix de l'énergie se stabilisant. Le niveau du chômage, en léger recul (10,4% prévu en 2016), continuerait d'affecter le moral des ménages et leurs dépenses (+1,4% en 2016 comme en 2015). En revanche, l'amélioration des perspectives de croissance accélérerait la reprise des investissements des entreprises (+2,4% prévu en 2016).

Cette lettre est réalisée par : Jean-luc Zeiler, Stéphane Chen, Pierre-louis Passalacqua

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