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    Investir pour les compétences : le plan gouvernemental devrait générer une hausse d'activité

    20 novembre 2017

    Alors que le gouvernement vient d'annoncer son grand plan d'investissement pour les compétences, la FFP* rend public les résultats d'une étude réalisée en partenariat avec le cabinet Roland Berger. Elle y propose une analyse du système français et de l'impact d'une hausse d'accès à la formation sur le PIB.

    Un système encore complexe et générateur d'inégalités

    La formation professionnelle a représenté, selon l'étude de la FFP, un marché de 6,8 milliards d'euros en 2014. Chaque année, ce sont 17 millions de Français - personnes en âge de travailler et qui ont entre 15 et 65 ans - qui bénéficient de ce système. Parmi eux, les actifs occupés du secteur privé arrivent en tête.

    Mais, derrière ce chiffre de 17 millions, se cachent des disparités. Ainsi, les cadres sont particulièrement bien lotis, avec taux d'accès à la formation de 71%. Il en est de même des salariés des ETI - entreprises de taille intermédiaire - et des GE -grande entreprise, où ces taux sont de 65%. A l'inverse, plus les entreprises sont petites, moins les salariés bénéficient de formation. Il en est de même, en termes de CSP, les employés et les professions intermédiaires étant moins formés. Or, c'est justement l'accès à la formation de ces actifs - part importante de la main d’œuvre en France - qui représente un enjeu fort, en termes d'emploi mais aussi de compétitivité économique.

    La formation : des gains possibles en termes de productivité et d'activité

    Selon le cabinet Roland Berger, augmentation du nombre de personnes formées et création de richesses sont fortement liées. Ainsi, si le taux d'accès à la formation professionnelle croît de 1%, la productivité ** augmente elle de 0,66%, et par là-même le PIB de 0,3%. Soit un gain de 7,4 milliards d'euros pour l'économie française.

    Partant de ces données, une évaluation du plan d'investissement pour les compétences est proposée. Le cabinet Roland Berger estime que l'impact annuel du plan de 15 milliard serait une hausse du PIB de 1,8 milliard d'euros. Permettant de réduire le chômage, il aurait par ailleurs des répercussions sur les finances publiques, qui devraient bénéficier, au bout des 5 ans, d'un gain de 5,8 milliards d'euros.

    Des DRH sensibles à la réforme de 2014

    A l'heure où le premier ministre Edouard Philippe annonce le calendrier des négociations à venir, et en parallèle à l'étude de la FFP, une autre enquête vient donner la vision qu'ont les DRH des réformes de la formation. Et le gouvernement devrait y être attentif.

    En effet, plus de la moitié d'entre eux l'affirment : la réforme de 2014 a permis une simplification du droit de la formation. Elle est perçue de façon positive par les professionnels des ressources humaines, pour qui elle a favorisé l'accès à la formation des actifs qui en étaient les plus éloignés. Les salariés, eux aussi, semblent satisfaits, et notamment du CPF - Compte Personnel de Formation. Ils y voient un outil pour accroître leur qualification, maintenir leur employabilité et évoluer vers un nouveau métier.

    Reste à savoir si les évolutions qu'apportera la réforme à venir seront aussi bien perçues par les DRH et les actifs.

    * Fédération de la Formation Professionnelle

    ** définie dans l'étude comme le PIB par heure travaillée

    Cette lettre est réalisée par : Guidat Delphine, Auzanneau Anne-catherine, Passalacqua Pierre-louis

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