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    La hausse des salaires ne compense plus l'inflation

    02 octobre 2018

    Au deuxième trimestre 2018, les salaires mensuels de base de l'ensemble des salariés ont progressé de +0,4% d'après le Ministère du travail. Sur un an, les salaires du secteur privé ont augmenté de +1,5% sur un an alors que, pour la même période, l'inflation hors tabac a augmenté de 1,7%. Peut-on parler pour autant d'un coup dur pour le pouvoir d'achat des salariés ?

    Des salaires en constante hausse pour le deuxième trimestre 2018

    Au deuxième trimestre 2018, l'indice du salaire mensuel de base (SMB) de l'ensemble des salariés (hors agriculture et emplois publics) a augmenté de +0,4% contre +0,7% au premier trimestre 2018. Sur un an, les salaires mensuels de base ont augmenté de +1,5% sur an (contre +1,4% au précédent trimestre).

    Dans l'ensemble, concernant les secteurs d'activités, les salaires du secteur industriel ont été les plus dynamiques avec une variation trimestrielle de +0,6% (contre +0,7% au premier trimestre), soit une hausse de +1,7% sur un an. A contrario, les variations de salaires les plus faibles concernent le secteur de l'hébergement et de la restauration avec une variation trimestrielle de +0,2% (contre +0,6% le précédent trimestre). Notons toutefois que l'évolution des salaires de l'ensemble des secteurs visés par l'enquête statistique du Ministère du travail, en l'occurrence la DARES, a connu une baisse de régime pour le deuxième trimestre 2018 à l'exception des activités du secteur de l'information et de la communication où les salaires ont évolué de 0,1 point de pourcentage depuis le début de l'année.

    Un rythme d'évolution des salaires uniforme chez les ouvriers et les cadres sur un an

    Concernant l'évolution des salaires par catégories socioprofessionnelles, les salaires des ouvriers ont connu une progression égale à celle des cadres. En effet, pour le deuxième trimestre 2018, les salaires mensuels de base des ouvriers ont augmenté de +0,4% depuis le premier trimestre et de +1,6% sur un an. Pour les cadres, l'évolution annuelle des salaires est identique à +1,6% et, pour ce trimestre, les salaires ont évolué de +0,5% par rapport à la précédente enquête.

    De plus, concernant le salaire des cadres, la dernière étude de l'APEC nous apprend que le montant moyen de rémunération annuelle est au statu quo depuis 2016 avec un niveau inchangé. Les cadres du secteur privé ont perçu en moyenne une rémunération annuelle brute de 56 000 euros. L'étude a été réalisée auprès de 14 000 cadres du privé et elle met en exergue la grande hétérogénéité des situations professionnelles des cadres puisque 80% des salaires sont compris entre 35 000 et 85 000 euros.

    Pouvoir d'achat : la hausse des salaires ne compense plus l'inflation

    Sujet central dans la politique d'une entreprise, et notamment dans le cadre de négociations annuelles obligatoires, bon nombre d'entreprises tentent de concilier les impératifs économiques et le niveau de salaires de ses salariés dans l'optique de maintenir ou d'améliorer leur pouvoir d'achat.

    Avec des niveaux records d'inflation qu'on n'avait plus connus depuis 2012, se pose désormais la question des rapports entre l'inflation et des salaires sur le pouvoir d'achat. Pour la première fois depuis plusieurs années, la hausse des salaires ne compense plus l'inflation. En effet, comme vous pouvez le constater dans le tableau ci-dessous, la variation entre l'évolution des salaires et celui de l'inflation est négative en septembre 2018.

    Quant aux mesures visant à redonner du pouvoir d'achat aux salariés, notons que les mesures gouvernementales relatives à la suppression d'une partie des cotisations salariales (maladie et chômage) n'ont pas eu réellement d'impact sur les salaires puisqu'elles ont été neutralisées par la hausse de la CSG de 1,7 point. Mais dès ce mois-ci, le reste de cotisation chômage, à savoir 0,95 point, sera totalement supprimé. En moyenne, les salaires devraient augmenter d'environ 1% jusqu'à l'entrée en vigueur du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu.

    Cette lettre est réalisée par : Kader Berachoua, Stéphane Chen

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