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La startup du mois : " Blade "

03 novembre 2016

Créée en octobre 2014, Blade développe des ordinateurs dans le cloud. Sous la forme d'un boitier, l'utilisateur accède, par un simple accès Internet très haut débit, à un ordinateur haut de gamme virtuel.

Le cloud computing

Aujourd'hui, le cloud ou l'informatique dans les nuages est représenté par l'utilisation, par internet, d'un logiciel sur un serveur distant. Couplé à un modèle de licence en SaaS (software as a service), l'utilisateur dispose, sur son ordinateur ou sa tablette, d'une application complète et fonctionnelle. Il n'installe ni ne possède le logiciel, il l'utilise et paye un droit d'utilisation. Il n'a plus à gérer les mises à jour et son application est accessible partout où il a accès à internet.

Le produit " Shadow " de Blade pourrait étendre ce concept à l'ordinateur. Ce petit boitier de la taille d'une carte de crédit se connecte à un datacenter et donne accès à toutes les applications et les jeux videos les plus gourmands avec une puissance maximale. Pour certains utilisateurs avertis et notamment les joueurs, l'ordinateur physique ne peut pas remplacer un ordinateur distant sans perte de performance et notamment, un temps de latence rédhibitoire dans certains cas. Blade veut démontrer que ce n'est plus vrai.

La fin de l'obsolescence programmée et l'écologie gagnante

L'un des plus gros problèmes de la microinformatique est son obsolescence très rapide. En entreprise, un ordinateur est amorti en deux ou trois ans et doit être remplacé très régulièrement. Pour un " gamer " (joueur averti), le remplacement des composants principaux (carte vidéo, mémoire, processeur...) s'impose au moins une fois par an, posant ainsi un problème écologique. Au mieux, les ordinateurs obsolètes se retrouvent par milliers sur les sites de revente de matériels d'occasion ou dans des entreprises de recyclage de matériels électriques et électroniques, quand ils ne sont pas tout simplement jetés dans les décharges.

Par sa compacité, le Shadow réduit, de façon importante, le volume de futurs déchets électroniques.

De plus, grâce à une consommation électrique très faible (7 watts), le Shadow pourrait également améliorer grandement l'empreinte énergétique des entreprises. Le lancement officiel du produit devrait intervenir dans les semaines qui viennent.

Un ordinateur surpuissant sur abonnement

Pour l'instant, Blade cible le joueur professionnel de jeu vidéo qui s'offre, pour assouvir sa passion, un PC d'une valeur dépassant largement les 2 000 euros. L'entreprise devrait, d'ici la fin de l'année, lui proposer l'acquisition du boitier pour 200 € environ et un abonnement mensuel qui devrait se situer entre 30 € et 45 € par mois. L'utilisateur pourra ensuite accéder à la puissance d'un PC configuré pour les jeux vidéos les plus gourmands en ressources. De son côté, l'entreprise s'engage à maintenir son parc d'ordinateurs au " sommet " des performances. Tous les deux ans en moyenne, les ordinateurs verront leurs composants remplacés par des modèles de dernière génération, plus performants pour fournir à l'utilisateur une puissance optimale en permanence.

Blade sponsorise l'équipe de " pro-gamers " Overwatch. Ces joueurs professionnels se sont vu offrir le produit pour le tester sous des conditions les plus exigeantes. Ils pourraient devenir les ambassadeurs de l'entreprise lorsqu'elle voudra élargir son marché.

La concurrence, pour l'instant, n'a pas encore lancé de produits réellement aboutis. NVidia, concepteur de cartes vidéo, propose une solution en ligne GeForce Now mais les gamers ne sont pas satisfaits de l'offre en jeux disponibles sur la plateforme. Il en est de même pour Sony, avec la Playstation Now. Enfin, la société américaine Liquidsky propose une solution dont le concept est très proche de celui de Shadow. Mais les ventes ne décollent pas et les rares retours d'utilisateurs européens sont peu favorables.

Les investisseurs y croient

L'entreprise avait déjà, en fin d'année 2015, obtenu un tour de table de 3 millions d'euros auprès d'une quinzaine d'investisseurs dont certains sont reconnus pour leur " flair ", à savoir Michael Benabou (vente-privée.com) et Pierre Kosciusko-Morizet (Priceminister). Elle vient d'obtenir une nouvelle levée de fonds de 10 millions d'euros. Dans le détail, 2,5 millions ont été payés immédiatement en actions, tandis que les 7,5 millions restants sont des engagements de financement.

Une première présentation officielle du Shadow doit avoir lieu à la Paris Games Week du 27 au 31 octobre 2016. La cible entreprise viendra ensuite, si le succès est au rendez-vous.

Cette lettre est réalisée par : Denis Kientz, Stéphane Chen, Pierre-louis Passalacqua

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