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La startup du mois : " EasyMile "

08 février 2017

Créée en juillet 2014, EasyMile conçoit des navettes électriques autonomes. Ces minibus, qui peuvent embarquer jusqu'à 12 passagers à une vitesse maximale de 20 km/h sur de courtes distances, apportent une réponse écologique et économique aux besoins de mobilité urbaine.

La mobilité urbaine du dernier kilomètre

Issu d'un partenariat entre le groupe Ligier, constructeur de voiturettes électriques, et Robosoft, société spécialisée en robotique de services, la navette est entièrement conçue et fabriquée en France, sur les chaines de production de Ligier.

Le véhicule est pensé pour répondre à la demande de mobilité sur des courtes distances. Il peut, par exemple, emmener les passagers d'une station de métro ou de bus jusqu'aux bâtiments d'une zone industrielle ou à l'intérieur d'un lotissement d'habitations. Pour l'instant, des contraintes réglementaires ne permettent pas la circulation d'un véhicule autonome, le code de la route imposant la présence d'un conducteur dans un véhicule. Des problèmes concernant la détermination des responsabilités en cas d'accident se posent également. Enfin, pour un usage citadin, il est nécessaire de créer une cartographie parfaite de la zone de circulation pour permettre au véhicule autonome de se déplacer sans risques pour les piétons et les autres véhicules.

L'électronique et le logiciel pour remplacer les yeux d'un chauffeur

Avant donc d'avoir pu résoudre ces aspects réglementaires et techniques, l'entreprise vise les sites industriels étendus, les campus, les liaisons aéroport-avion et les centres hospitaliers. La cartographie est réalisée sur le site directement, avec un chauffeur qui conduit et permet ainsi au système informatique d'enregistrer l'environnement réel. Des caméras et des lidars (capteurs laser de détection) effectuent le repérage initial du trajet. Le système analyse cette cartographie pour en déterminer les points de référence. Puis, pendant la circulation du véhicule en autonomie, les lidars scannent en permanence l'environnement et le positionne sur son trajet en détectant les éventuels obstacles qui apparaissent. L'intelligence artificielle du véhicule peut réagir et éviter ainsi les accidents.

A terme, les zones de rencontres en centre-ville notamment pourront accepter ces nouveaux moyens de transport. Une réponse écologique et économique pour des déplacements en zone à forte densité piétonnière, en complément des transports en commun de grande capacité.

Les grand industriels aux cotés des startups

Des expérimentations avancées sont en cours, notamment à Lausanne en Suisse et à Helsinki en Finlande. La France n'avait, jusqu'à maintenant, autorisé que des démonstrations lors de salons (salon sur le transport intelligent 2015, salon des transports publics 2016) mais, en janvier 2017, une première liaison-test a été inaugurée à Paris. Sous l'égide de la RATP, en collaboration avec la Ville de Paris, le STIF et EasyMile, les navettes peuvent emmenées gratuitement des voyageurs entre les gares de Lyon et d'Austerlitz. Afin de respecter la réglementation, un agent est présent à bord et 6 passagers peuvent bénéficier de la navette de 14h à 20h tous les jours. Deux autres tests devraient avoir lieu à Vincennes et à Saclay.

Alstom a bien compris l'intérêt des véhicules autonomes électriques et a pris une participation minoritaire dans l'entreprise. Il a investi 14 millions d'euros et a signé, avec EasyMile, un accord de partenariat pour le développement de " solutions intégrées destinées au transport urbain ", ainsi que le précise le communiqué du grand industriel du transport ferroviaire.

Le principal concurrent d'EasyMile est une autre société française, Navya. Cette dernière propose une navette autonome pouvant embarquer jusqu'à 15 passagers à une vitesse de 45 km/h. En octobre 2016, celle-ci a également bénéficiée d'un apport de 30 millions d'euros avec l'entre?e au capital des groupes franc?ais KEOLIS et VALEO et du groupe qatari GROUP8.

L'avenir

A l'image de toutes les entreprises innovantes, la recherche et le développement sont évidemment les objectifs prioritaires d'EasyMile. Mais grâce à l'apport important de capitaux d'Alstom, le réseau international va pouvoir être également densifié. L'entreprise compte déjà 60 employés à Toulouse, Singapour et Denver. La présence internationale va notamment avoir un rôle de surveillance et de lobbying pour l'utilisation de véhicules autonomes pour les transports publics.

Un récent rapport du NCTR (National Center for Transit Research) montre d'ailleurs l'intérêt porté par les Etats-Unis sur les véhicules autonomes pour le transport urbain et surtout sur l'absence de réponse américaine à ce besoin (" Evaluation of Automated Vehicle Technology for Transit " - Center for Urban Transportation - Avril 2016).

Et selon l'observatoire de la mobilité 2015 de l'IFOP pour l'UTP (syndicat professionnel regroupant les entreprises de transport urbain de voyageurs en France), 91% des utilisateurs de transport en commun estiment important de développer les véhicules électriques et 82% souhaitent la création de lignes pour desservir les grands centres administratifs, de santé et d'études. Deux souhaits auxquels répond parfaitement l'offre d'EasyMile.

Cette lettre est réalisée par : Denis Kientz, Stéphane Chen, Pierre-louis Passalacqua

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