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La startup du mois : " Rythm "

26 septembre 2016

Créée en juillet 2014, Rythm est spécialisée dans les neurosciences et les neurotechnologies. Elle a conçu un appareil destiné à améliorer les cycles du sommeil. L'utilisateur place le " Dreem ", sorte de casque en forme de bandeau, sur sa tête. Les électrodes intégrées vont analyser les phases du sommeil pour en améliorer le sommeil profond et ainsi permettre une récupération optimale.

Analyser les informations et générer un bruit rose

Pendant le sommeil, l'activité cérébrale ne faiblit pas, sauf pendant le sommeil profond. Cette phase du sommeil est essentielle puisque c'est durant cette courte période que les muscles et le cerveau vont se reposer, le corps récupère et fait des réserves pour la journée suivante. Elle permet donc de consolider notre mémoire, d'améliorer nos défenses immunitaires, d'augmenter nos performances et surtout d'améliorer notre humeur. Une bonne nuit de sommeil en quelque sorte.

Issu d'un développement en collaboration avec une équipe médicale de l'Institut supérieur du Cerveau et de la Moelle osseuse (ICM), l'appareil est doté de capteurs qui mesurent cette activité. L'électronique intégrée va analyser ces informations pour renvoyer des stimulations vibratoires par conduction osseuse sur le crâne. Les vibrations reçues par l'oreille interne vont devenir des messages sonores pour le porteur du casque et maintenir le sommeil profond le plus stable possible. Ce bruit rose, un signal aléatoire dont la densité spectrale est constante par bande d'octave, aura donc le rôle ingrat de travailler pendant que nous dormons profondément.

Respect de la vie privée

L'analyse des informations reçues par l'appareil va être transmise à votre smartphone afin de réaliser un suivi quotidien de votre sommeil et l'améliorer en permanence. Mais ces informations vont également être anonymisées et récupérées par les experts de Rythm pour permettre d'améliorer la recherche appliquée au sommeil. Grace à ces données, l'entreprise envisage de contribuer aux problématiques d'endormissement difficile et même de lutter contre des maladies neuronales. Elle souhaite découvrir d'éventuels liens qui pourraient exister entre le sommeil et certains troubles tels que le stress, l'obésité, l'hypertension mais aussi des maladies dont Alzheimer ou Parkinson. En revanche, les dirigeants affirment que ces données ne seront pas utilisées à d'autres fins que la recherche et précisent encore que l'appareil n'utilise pas les ondes radio (Wifi ou Bluetooth) pour communiquer lorsqu'il est porté.

Une grande école à l'origine de la rencontre

Les cofondateurs, Hugo Mercier et Quentin Soulet de Brugière se sont connus à Polytechnique en Master Innovation technologique, option ingénierie et entrepreneuriat. Grace à l'accompagnement procuré par l'X, ils ont pu mener à bien leur projet de création d'entreprise innovante.

En juin 2016, après à peine deux années d'existence, l'entreprise vient de démarrer la phase de test et recherche 500 candidats pour participer à son programme " Dreem First ". Celui-ci devrait s'achever en 2017 pour une commercialisation à un plus large public.

Une innovation rapidement reconnue

Quelques mois après sa création, la jeune entreprise faisait déjà partie des 110 lauréats du concours mondial d'innovation 2030. Elle compte aujourd'hui une cinquantaine de salariés qui couvre l'ensemble des compétences dont elle a besoin pour créer les prototypes.

Elle vient de terminer un tour de table de 10 millions d'euros, notamment avec Laurent Alexandre, fondateur de Doctissimo et Xavier Niel, dirigeant d'Iliad Free. Elle souhaite internaliser toute la recherche, le développement et la conception de ses produits. Organisée en open space pour permettre une meilleure émulation des différents métiers, elle prépare une publication importante autour du projet afin de lever les doutes qui existent autour des effets réels ou supposés de l'appareil. " L'entreprise prend ses racines dans la recherche neuroscientifique. Nous avons différents types de publications qui portent à la fois sur la stimulation et l'analyse de l'activité du cerveau, mais nous ne les publions pas pour le moment pour la simple et bonne raison que nous sommes en train de déposer des brevets pour protéger nos technologies ", commente Hugo Mercier.

Cette lettre est réalisée par : Denis Kientz, Stéphane Chen, Pierre-louis Passalacqua