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    La startup du mois : " Ynsect "

    06 avril 2017

    Créée en novembre 2011, Ynsect est le leader mondial dans la production d'insectes pour les besoins de l'alimentation animale. L'entreprise de biotechnologie élève des insectes et les transforme en ingrédients de haute qualité à destination des animaux domestiques et d'élevage.

    Nourrir les animaux pour que vivent les hommes

    Ynsect utilise les insectes pour convertir les substrats organiques tels que les coproduits de l'industrie céréalière, et transformer ces insectes en composants bioactifs utiles dans les secteurs de la chimie verte ou de l'industrie agroalimentaire. Elle a installé sa première unité de démonstration industrielle dans le Jura, d'où elle compte démontrer la faisabilité technique de sa future usine d'élevage et de transformation d'insectes à grande échelle.

    L'idée simple de l'entreprise consiste à positionner l'insecte au coeur du système alimentaire et ainsi permettre l'accroissement de la production de viande et de poisson sans mettre en péril notre planète.

    Une technologie propriétaire et des brevets

    Dans un entretien avec un quotidien régional, Antoine Hubert, président et cofondateur d'Ynsect, déclarait : " Peu de gens ont conscience de la manière dont les animaux sont nourris de nos jours. En réalité, les animaux d'élevage mangent principalement du soja génétiquement modifié, des céréales, et parfois des farines de volailles ou de poissons. Cela a pour conséquence un épuisement accéléré de la biodiversité océanique. Ces farines ont aussi un impact sur la sécurité alimentaire en raison de la concentration de métaux lourds qui s'accumule tout au long de la chaîne, jusqu'aux poissons d'élevage qui finissent dans nos assiettes ".

    A l'image de la plupart des startups à fort potentiel, Ynsect a développé sa propre technologie pour l'élevage de larves de vers de farine. Celle-ci peut d'ailleurs être transposée à plusieurs autres espèces d'insectes. Propriétaire de nombreux brevets, elle continue ses développements au sein de son propre centre de recherche, l'Ynstitute. L'entreprise est déjà considérée comme le leader mondial de la production d'insectes pour l'alimentation animale.

    Une réglementation qui évolue favorablement

    Le 13 décembre 2016, à l'occasion de la réunion du comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux de l'Union européenne (CPVADAAA), les représentants des États membres de l'UE ont approuvé une proposition de la Commission européenne autorisant l'usage des protéines d'insectes dans l'alimentation des poissons d'élevage à partir du 1er juillet 2017.

    Selon l'International Platform of Insects for Food and Feed (Ipiff), groupe de lobbying qui regroupe les acteurs du secteur, la croissance démographique mondiale et l'augmentation des niveaux de vie augmentent la demande d'aliments de haute qualité. La Food and Drug Administration (FAO) estime, pour sa part, que la demande mondiale de viande en 2030 augmentera de 72% par rapport à la valeur de 2000. Ce chiffre est à corréler avec le marché de l'aquaculture qui devrait croître de 50% entre 2010 et 2030. Contenant une forte proportion de protéines, les insectes pourraient permettre de résoudre l'équation et répondre aux besoins de l'alimentation animale et, à terme, humaine.

    Des changements d'habitudes nécessaires

    Selon une étude publiée dans l'Annual Review of Entomology en janvier 2013, il y aurait plus de 1900 espèces d'insectes consommées dans le monde par près de 2,5 milliards de personnes, principalement dans les pays en développement. La consommation d'insectes serait bénéfique, tant pour l'écologie que pour la santé des consommateurs. La production d'un kilogramme de protéine de boeuf génère de 80 à 170 kg de CO2 alors qu'un kilogramme de protéine d'insecte ne produit que 20 kg de CO2. De plus, les protéines d'insectes sont riches en calcium et en fer et pauvres en gras et en glucides.

    Ce qui fait conclure l'Autorité européenne de sécurité des aliments que l'élevage d'insectes ne comporte pas de risques si, comme pour les autres productions animales, les producteurs respectent les meilleures pratiques d'hygiène, et sont respectueux de la législation de l'Union en matière de sécurité alimentaire et de sécurité des aliments pour animaux.

    Mais avant cela, il sera nécessaire de changer les mentalités et convaincre de l'innocuité de ces aliments nouveaux. " Les gens ont encore en tête le traumatisme hérité de l'affaire de la vache folle ", déclare Antoine Hubert.

    Une levée de fonds exceptionnelle

    En décembre 2016, l'entreprise a annoncé une levée de fonds de 14,2 millions d'euros auprès du Fonds Ecotechnologies, géré par Bpifrance dans le cadre des actions du Programme d'investissement d'avenir (PIA) confiées à l'ADEME, du fonds Future Positive Capital avec Quadia SA et de ses actionnaires historiques, Emertec, Demeter, New Protein Capital et des business angels. Avec les précédents tours de table, d'un montant total de 35 millions d'euros, l'entreprise peut se targuer d'avoir bénéficié du plus important niveau d'investissement réalisé dans ce secteur au niveau mondial.

    La majeure partie de ces fonds va être utilisée pour construire la plus grande unité de production d'insectes au monde.

    Cette lettre est réalisée par : Denis Kientz, Stéphane Chen, Pierre-louis Passalacqua

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