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    L'action de formation en situation de travail : une idée pas si nouvelle

    16 mai 2018

    La FEST ou l'AFEST fait partie des nouvelles formes d'action de formation professionnelle. C'est une manière innovante qui permet de mettre le salarié au cœur de la formation en entreprise. Introduite par la Loi du 5 mars 2014 relative à la formation, elle est présente dans le projet " pour la liberté de choisir son avenir professionnel " proposé par Muriel Pénicaud.

    Un concept innovant basé sur les apprentissages informels

    La FEST part de ce que sait et sait faire l'apprenant. L'idée de ces dispositifs de formation en situation de travail est de sortir de la transmission des savoirs qui se fait traditionnellement de façon descendante, allant du formateur vers le formé, sans le plus souvent tenir compte des contextes propres aux entreprises.

    " Il s'agit d'une formation entre pairs et pas (…) d'un " je te montre, tu m'imites, je te corrige " qui relève du paléolithique tant elle est dévalorisante pour l'apprenant. Avec la FEST, c'est l'apprenant qui pilote l'apprentissage " comme le souligne Xavier Marchand du cabinet Didaction.

    Méthode d'apprentissage tournée vers la formation informelle, la FEST s'attache donc à utiliser les situations réelles de travail pour aider les stagiaires dans leurs pratiques et mettre à profit le vécu en entreprise, notamment par une prise en compte de la réalité des métiers et de chaque environnement professionnel. L'objectif est donc de partir des véritables compétences nécessaires à une entreprise précise plutôt que de compétences théoriques et décontextualisées.

    Une expérimentation depuis quelques années

    En 2015, la DGEFP a lancé la mise en place de formations en situation de travail en association avec l'ANACT et le COPANEF. 11 OPCA ont accepté de jouer le jeu et de proposer la démarche à plusieurs PME. Cette expérience permet de sortir du cadre juridique de l'apprentissage avec le maitre d'apprentissage et du contrat de professionnalisation avec le tuteur. L'idée est d'instituer un binôme référent /apprenant.

    Un retour d'expérience prometteur

    Ainsi, par exemple, dans le réseau d'aides à domicile (ADMR) ce n'est plus la formatrice référente qui est au cœur du dispositif mais la personne à former. La référente fait le point sur les connaissances de la future aide à domicile. Puis cette dernière travaille sous l'œil attentif de la formatrice avant qu'une séance de débriefing lui permette de verbaliser ce qu'elle a fait ou cherché à faire. Et l'expérience a été concluante, amenant à une meilleure approche et connaissance du terrain et valorisant aussi bien les apprenantes que les référentes.

    ACTALIANS, OPCA des professions libéralesdes établissements de l'Hospitalisation privée et de l'Enseignement privé, a également conduit cette expérience dans des TPE libérales avec succès.

    Des enseignements à en tirer

    Une note de Philippe Debruyne, président de COPANEF, souligne que l'AFEST doit être formalisée dans 2 phases. L'une étant la mise en situation qui permet au salarié de faire l'expérience du travail mais avec un objectif de formation et l'autre étant une mise à distance du travail pour permettre au salarié de renforcer ses apprentissages en confrontant son activité effective aux attendus de l'activité.

    Il est donc nécessaire d'accompagner le salarié par un tutorat, à la fois pour faciliter la mise en œuvre de l'action de formation mais aussi pour tirer parti des temps de prise en recul sur les pratiques.

    L'entreprise ou l'organisation qui souhaite mettre en œuvre un dispositif de FEST doit donc, en amont, prévoir des ressources en interne. Elle doit aussi créer les conditions d'une véritable expérimentation, en réfléchissant au meilleur moyen de rendre les situations de travail apprenantes en dégageant le temps nécessaire aux salariés et tuteurs ou encore en ne fixant pas d'objectifs ou des délais trop serrés.

    Une validation par la loi

    Tous, partenaires sociaux dans l'ANI du 22 février 2018, formateurs, praticiens, réclament de faire de l'AFEST une véritable action de formation validée dans le cadre légal et réglementaire.

    A la lecture de l'article 4 du projet de loi présenté le 27 avril 2018 par Muriel Pénicaud la Ministre du travail, ils devraient être entendus. L'article propose ainsi de rénover la définition de l'action de formation, qui pourra être " réalisée en situation de travail ".

    D'autant que cette action de formation s'inscrit également dans les objectifs du programme Europe 2020 qui vise à outiller les différents pays pour lutter contre le chômage.

    Cette lettre est réalisée par : Anne-catherine Auzanneau, Delphine Guidat, Pierre-louis Passalacqua

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