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Le baril franchit le cap des 100 dollars

Le 31 janvier 2011, le cours du baril de pétrole Brent a dépassé les 101 dollars au cours de la séance de cotation à Londres. La crise politique en Egypte, gardienne du Canal de Suez, n'a fait que renforcer les tensions qui pèsent depuis cet automne sur le marché pétrolier.

Risques géopolitiques au Moyen Orient

Depuis le mois de septembre, les cours pétroliers ne cessent d'augmenter en raison d'une demande croissante surtout en provenance des économies émergentes dopées par une reprise plus forte que prévu. A cela, la hausse du dollar porte encore plus haut le cours du pétrole importé en Europe. Exprimé en euros, celui-ci a augmenté de 21% au cours des quatre derniers mois.
Le développement des tensions au Moyen Orient ne fait qu'attiser l'inquiétude des intervenants sur le marché pétrolier. Ainsi l'Egypte, sans être un gros producteur de pétrole, abrite deux maillons importants du trafic pétrolier mondial, le canal de Suez et l'oléoduc Suez-Méditerranée qui le double.
Cette situation a provoqué de nouvelles positions spéculatives, alors que les stocks américains de brut et de produits pétroliers restent au-dessus des prévisions. La volatilité des cours pétroliers demeure pour le moment plus sensible aux facteurs de hausse que de baisse.

Les financiers profitent de la hausse des cours

Au delà de la crise politique des pays arabes, les prévisions de croissance demeurent fortement teintées d'incertitudes. La demande de pétrole des Etats Unis et des autres pays de l'OCDE n'est pas dynamique. L'OPEP prévoit 0,4% de hausse de la demande de pétrole pour cette zone. Par ailleurs, nul ne sait ce que le resserrement de la politique monétaire de la Chine va entrainer pour l'économie mondiale. Les pays producteurs tablent sur une hausse de 5% de la demande chinoise (+7% en 2010). Cependant, des paramètres financiers favorisent la hausse des cours de l'ensemble des matières premières. Les taux d'intérêt sont bas et la banque centrale américaine continue d'injecter des liquidités. En conséquence, les investisseurs sont de plus en plus présents sur les marchés de matières premières, actuellement plus rentables à court terme.

Sérénité de l'OPEP

Lors d'une intervention, fin janvier, le secrétaire général de l'OPEP a souligné que son organisation n'a aucun intérêt avoir à des prix élevés du pétrole. Pour l'OPEP, le marché du pétrole a actuellement suffisamment de brut pour répondre à la demande actuelle. "Les stocks mondiaux sont élevés. La couverture à terme est proche de 60 jours, c'est à dire de six à sept jours au-dessus de la moyenne sur cinq ans. Par conséquent, nous ne prévoyons pas de pénurie de pétrole sur le marché."

1,28 euro le litre de gazole

En France, depuis le début du mois d'octobre, le prix du litre de gazole a progressé de 12%. Celui-ci, d'après le Ministère de l'Economie, a atteint 1,28 euro fin janvier. Le prix du litre d'essence sans plomb 98 s'établissait à 1,49 euro, soit 10% de plus que quatre mois auparavant.
Le prix du fuel domestique se négociait, quant à lui, à 824 euros les 1000 litres (+16% de hausse sur 4 mois).

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Cette lettre est réalisée par : Muriel Doyen, Pierre-louis Passalacqua, Jean-luc Zeiler