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    Le pétrole au plus haut depuis 2014

    30 mai 2018

    Les prix mondiaux des pétroles bruts ont continué leur progression. Le baril de Brent de la mer du Nord frôle avec les 80 dollars, avec une moyenne mensuelle de près de 72 dollars pour le mois d'avril 2018. Dans le même temps, Moscou et Ryad relancent l'idée d'un déblocage de la production pour le troisième trimestre 2018.

    La menace d'un baril de Brent à 100 dollars

    En avril 2018, la cotation moyenne du baril de Brent a atteint 72,06$, son niveau le plus haut depuis 2014. Comme nous l'évoquions dans notre précédente édition du mois de mars, l'accord conclu entre l'OPEP et les pays non OPEP a permis au baril de se redresser depuis la fin 2017. La tendance accélère avec une hausse du baril de Brent de +8,9% sur le dernier mois. Sur un an, l'évolution est plus marquante avec une hausse de +37,3%, la cotation moyenne passant de 52,36$ à 72,06$.

    Cette progression du baril de Brent rappelle la menace d'un prix élevé du pétrole. Cette hypothèse est en tout cas prise au sérieux par les principales entreprises majeures du secteur pétrolier. Dernièrement, Patrick Pouyanné, PDG de Total, a lui-même évoqué cette tendance lors d'un entretien organisé à Washington par le CSIS (Centre pour les études stratégiques et internationales) : " il y a une forte demande sur les marchés, l'OPEP et la Russie appliquent leur politique efficacement et par-dessus cela vous avez l'annonce sur l'Iran qui pousse les prix à la hausse. Je ne serai pas surpris de voir un baril de pétrole à 100 dollars dans les prochains mois ".

    Cette hypothèse d'un baril de pétrole à 100$, bien que crédible, dépendra principalement des décisions politiques des différentes parties prenantes, avec en leaders la Russie et les pays de l'OPEP. Les cartes ne sont pas totalement jouées pour autant. " Nous n'avons pas intérêt à une hausse des prix sans fin, 60 dollars nous convient", a d'ailleurs annoncé Vladimir Poutine lors du Forum économique de Saint-Pétersbourg qui s'est tenu ce mois-ci.

    Une possible hausse de la production de pétrole dès cet été ?

    Les déclarations du Président Poutine en faveur d'un prix du baril de pétrole à hauteur de 60 dollars évoquent alors une perspective favorable à la baisse des prix du pétrole en intervenant sur l'offre, et donc, par une remise en cause des limitations prévues dans l'accord entre pays non OPEP et l'OPEP. L'enjeu est surtout politique puisque le Président Russe affirme que des prix supérieurs pouvaient " créer des problèmes pour les pays consommateurs " et favoriser les concurrents de la Russie tels les producteurs de pétrole de schiste aux États-Unis à redynamiser leurs activités et la rentabiliser.

    D'ailleurs, cette déclaration du président Poutine fait écho aux dernières discussions entre la Russie et l'Arabie Saoudite autour d'une possible hausse de la production dès cet été. En effet, le ministre saoudien de l'Énergie Khaled al-Faleh a estimé que les pays producteurs auront " bientôt la possibilité de libérer l'offre ". Et le ministre saoudien de l'énergie d'ajouter : " comme nous l'avons toujours dit, le retour du pétrole sur le marché doit se faire progressivement. Nous ne le ferons pas rapidement. Cela interviendra probablement au second semestre de cette année".

    Cette annonce est le signe d'une possible hausse de la production de pétrole ayant une incidence sur le prix du baril de pétrole. L'objectif des deux pays étant de ne pas déstabiliser le marché du pétrole et de ne pas provoquer de surchauffe, comme l'a estimé Alexandre Novak, le ministre russe de l'énergie, tout en limitant la main mise du pétrole de schiste américain sur l'économie mondiale.

    Cette lettre est réalisée par : Kader Berachoua, Stéphane Chen, Pierre-louis Passalacqua

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