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    Les millennials et le travail : au-delà des clichés

    30 octobre 2018

    Génération Y ou encore millennials, les deux termes sont aujourd'hui souvent associés aux problématiques de gestion des ressources humaines. Cette génération, aux frontières un peu floue mais qui recouvre les personnes nées entre 1980 et 2000, aurait un rapport au travail différent de celui de ses aînés. Mais qu'en est-il dans la réalité ?

    Comment sont-ils perçus par les DRH ?

    Les divergences entre ce que pensent les DRH des jeunes actifs et les opinions de ces derniers sont parfois confondantes, comme le souligne le deuxième baromètre Cegos " les millennials et le travail " (2017).

    DRH, vous voyez juste sur un point : les millennials sont motivés avant tout par la rémunération, puis les conditions de travail et le contenu de leur poste !

    En revanche, la forte demande de la Génération Y d'enrichir ses compétences n'est pas perçue par de nombreux service RH. De même, 80% des DRH pensent à tort que les jeunes sont sensibles à la stratégie de recrutement de leur entreprise alors que ces derniers n'y voient qu'une opération marketing. Les souhaits des jeunes actifs en matière relationnelle (écoute, empathie) se révèlent également plus présents que ce qu'en pensent les DRH. Enfin, les différences d'opinion quant à la charge de travail et au niveau des responsabilités confiées par les managers sont importantes et nécessitent donc pour les managers d'organiser des feedback réguliers !

    Des valeurs clés si différentes de leurs aînés ?

    Les jeunes actifs seraient-ils donc si différents ?

    Rassurons-nous, le travail est important aussi pour les millennials ! L'enquête d'Opinionway, réalisée au printemps 2018, le confirme : la valeur travail est présente pour les jeunes actifs. La quête du sens du travail, de son utilité est également partagée.

    En revanche, les millennials seraient plus dociles dans l'exécution des tâches demandées alors que chercher à en comprendre le pourquoi serait croissant avec l'âge.

    Quant à la recherche de l'équilibre vie professionnelle - vie privée, les millennials y aspirent autant que les autres salariés !

    Télétravail et coworking : de nouveaux modes d'organisation séduisants

    Si les générations semblent finalement se " retrouver " dans les valeurs associées au travail et aux relations professionnelles, la façon et l'organisation du travail sont, quant à elles, marquées par l'âge des salariés.

    Et un des symboles de cette évolution est le télétravail. Selon l'étude OpinionWay, les millennials envisagent, pour plus de la moitié d'entre eux, le recours au télétravail, que ce soit de façon régulière ou ponctuelle. Ils se montrent, en effet, plus désireux que leurs aînés de rompre avec les environnements de travail classiques. Au-delà de l'image (un peu cliché parfois) des bureaux équipés de canapés, baby-foot ou autre espace de détente, les nouvelles générations souhaitent pouvoir choisir leur lieu de travail. Le besoin de souplesse et de flexibilité est alors souvent exprimé. C'est aussi sans doute une des raisons – avec le développement du freelancing - de l'essor du coworking.

    Une génération connectée…et en attente de contacts humains

    Autre marqueur de génération, le rapport aux outils digitaux. Très visibles et actifs sur les réseaux sociaux, les millennials ne font plus de distinction entre les outils professionnels et personnels. Les deux tiers d'entre eux avouent fréquenter ces réseaux sur leur temps de travail et souvent pour échanger avec des amis sur des sujets extérieurs au travail. Ecouter de la musique en ligne, faire des achats personnels, la moitié des jeunes avouent faire des tâches personnelles sur leur temps de travail*. En revanche, ils ne sont pas opposés – bien au contraire - à l'utilisation de leurs propres appareils, qu'ils estiment souvent plus à la pointe, au sein de leur entreprise, qui s'est emparée du phénomène, en favorisant le BYOD**.

    Mais, si elle est ultra-connectée, cette génération n'en est pas moins demandeuse de relations humaines et d'environnement de travail collaboratif. Et dans leur désir d'acquérir des compétences, les millennials se disent conscients qu'ils doivent progresser dans les savoir-être, notamment dans la communication et les approches managériales. Malgré la présence grandissante des outils digitaux, plus d'un tiers déclaraient en 2017 que les échanges directs et le face-à-face avec les collègues étaient indispensables.

    La mobilité, apanage de la jeunesse

    Autre différence, le souhait de travailler à temps partiel et de pouvoir cumuler 2 ou plusieurs activités. Toujours selon l'enquête OpinionWay, 1/3 des moins de 30 ans aimerait ainsi pouvoir bénéficier d'un temps partiel (contre 28% chez la tranche d'âge 40-49 ans). Le phénomène du slashing – passer d'un emploi à l'autre – prend d'ailleurs de l'ampleur, plus de 2 millions de français déclareraient même mener 2 activités de front.

    Les millennials sont, en outre, plus enclins à changer d'employeur. Près d'un quart des moins de 30 ans estiment qu'il ne faut pas rester plus de 3 ans au sein de la même entreprise - et ce même si les français restent, dans l'ensemble, attachés à la notion d'expérience et de " durée " de poste. Mais attention, cela ne signifie pas forcément que les jeunes sont moins fidèles : ils représentent surtout ceux qui ont le plus la possibilité de bouger, dans un marché de l'emploi qui devient plus complexe au fur et à mesure de l'avancée en âge.

    Corollaire à ce souhait de changement, le besoin d'acquérir de nouvelles compétences est affiché par les jeunes. Si l'enjeu de l'employabilité est perçu par tous les salariés, les millennials y sont d'autant plus attentifs qu'ils viennent souvent de faire leur entrée dans le monde du travail. Pour eux, l'entreprise doit être l'occasion d'apprendre et de s'enrichir de connaissances. Et pour évoluer, ils ne craignent pas la mobilité géographique, et sont prêts à déménager si un nouveau poste le nécessite.

    Quelles politiques d'intégration et de fidélisation?

    De l'avis d'Isabelle Bernard, directrice Développement RH chez SGS (comptant 25% de jeunes diplômés), " A l'heure de l'avènement des réseaux sociaux, les jeunes savent se rendre visibles pour être chassés ailleurs. La fidélisation est donc un enjeu primordial ".

    Plusieurs angles d'attaque : l'autonomie par exemple. Ainsi Cap Gemini ou Auchan limitent les échelons ou mettent en place des organisations par projet quand Google leur laisse une journée par semaine consacrée à des initiatives personnelles.

    Les millennials aspirent au développement de leurs compétences. Leur offrir des parcours de carrière accélérés comme dans les start-ups est gage de réussite. Carrefour, a ainsi mis en place le programme " Graduate Digital ", véritable accélérateur de carrière.

    Le cabinet conseil Eight Advisory propose lui des parcours individualisés avec des programmes de mobilité différents selon les consultants.

    Pour autant, le défi du DRH va bien au-delà du management des générations. Ne s'agit-il pas de tendre vers un management intergénérationnel permettant de mettre en exergue les apports de chacune d'entre elles en direction d'un but commun ?

    *Etude Domplus –BVA – La Tribune

    **BYOD : Bring Your Own Device

    Cette lettre est réalisée par : Delphine Guidat, Céline Niterbuhl, Richard Arjoun

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