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    L'inflation confirmée à +2,3% sur un an en août

    24 septembre 2018

    Au mois d'août, l'indice des prix à la consommation augmente de +2,3% sur un an en raison de l'évolution des prix des produits alimentaires, des services et de l'énergie, avec des prix du pétrole et du gaz qui ont largement pesé sur la consommation en France. Toutefois, les projections de la Banque de France tendent à sacrer cet été 2018 comme étant un pic atteint pour l'année en termes de niveaux de prix.

    Les prix de l'alimentation et des services accélèrent sur un an

    Pour le mois d'août, les prix à la consommation ont augmenté pour le second mois consécutif de +2,3% portés par une accélération des prix de l'alimentation (+2,2% sur un an) et des prix des services (+1,3% sur un an).

    Concernant l'alimentation, cette hausse des prix (+2,2% sur un an) se justifie par l'inflation des prix des produits frais (+6,9% sur un an), notamment des légumes frais (+9,8% sur un an) et des fruits frais (+7,4% sur un an). En outre, les prix des autres alimentations accélèrent à +1,4 % du fait, principalement, de l'accroissement des prix des boissons.

    Quant aux prix des services, ils augmentent de +1,3%, sur un an. Cela comprend l'inflation des prix des transports qui sont repartis à la hausse ce mois-ci (+1,9% sur un an), des services d'hébergement (+6,9% sur un an) et des prix des services de santé (+0,7% sur un an). Notons toutefois que la concurrence féroce entre les opérateurs mobiles, à coup de promotions agressives pour augmenter leurs parcs d'abonnés, se fait ressentir sur l'inflation puisque les prix des services de communication se replient après trois mois de hausse (−0,9 % sur un an).

    Ralentissement des prix de l'énergie en août

    Cette accélération des prix de l'alimentation et des services est cependant compensée par une stabilité des prix de l'énergie sur un mois. Toutefois, sur un an, les prix de l'énergie sont en progression de +13,0%. L'évolution annuelle des prix de l'énergie s'explique par les deux principales composantes des prix énergétiques avec, d'une part, la hausse des produits pétroliers (+20,1% sur un an) et, d'autre part, l'augmentation des prix du gaz (+18,3% sur un an). Les chiffres mensuels de l'inflation confirment bien que la hausse du baril de Brent se ressent fortement dans notre économie.

    Comme nous vous l'expliquions dans notre article sur le pétrole, la cotation moyenne du baril de Brent a atteint 72,44$ en août 2018. Plus marquant encore, on constate une hausse de +40,1% sur les douze derniers mois. Même si on remarque une légère diminution du prix du baril sur un mois, cela ne change pas les tendances haussières des prix du pétrole car la décision des Etats-Unis de dénoncer l'accord iranien sur le nucléaire ajoute une couche supplémentaire de tensions sur la scène internationale.

    Une inflation baissière à moyen terme selon la Banque de France

    Dans sa dernière projection macroéconomique, la Banque de France part du constat que le climat économique mondial sera incertain pour les mois à venir. L'institution table sur des niveaux de croissance du PIB de l'économie française à +1,6% en 2018, 2019 et 2020. La demande intérieure française et la contribution du commerce extérieur à la croissance devraient être positives en 2018, ce qui permettra d'entraîner une baisse progressive du taux de chômage (jusqu'à 8,3% fin 2020). De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) a revu ses prévisions de croissance à la baisse dans la zone euro avec +2,0% en 2018 et à +1,8% pour 2019.

    D'après les projections de la Banque de France, les prévisions d'inflation devraient atteindre +2,1% pour 2018, +1,7% pour 2019 et +1,8% pour 2020. Ces prévisions de la Banque de France sont, à l'heure actuelle, aux antipodes des projections de l'INSEE et du Gouvernement qui tablaient en juin sur une inflation moyenne annuelle de +1,8% en 2018. De nouvelles projections seront certainement présentées dans la prochaine note de conjoncture de l'INSEE.

    L'autre information de ces projections concerne le pouvoir d'achat puisque la Banque de France estime que la situation devrait s'améliorer jusqu'en 2020. En effet, le pouvoir d'achat des ménages devrait progresser de +1,0% en 2018 (contre 1,4 % en 2017). Pour 2019, le pouvoir d'achat des ménages devrait progresser plus fortement avec +1,7% puis +1,5% en 2020. Cette projection de la Banque de France prend en compte l'évolution du salaire nominal moyen par tête (+2,0 % en 2018, +2,2 % en 2019 et +2,3 % en 2020, après +1,8 % en 2017). De plus, et comme nous l'avons également analysé dans nos précédentes éditions, l'entrée en vigueur des réformes portant sur la fiscalité des ménages (suppression de la taxe d'habitation et baisse des cotisations salariales) devraient avoir un impact positif sur le pouvoir d'achat des ménages.

    Cette lettre est réalisée par : Kader Berachoua, Stéphane Chen, Pierre-louis Passalacqua

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