Pétrole : l'OPEP sous pression

09 décembre 2015

Les Etats membres de l'organisation des pays exportateurs de pétrole, entraînés par l'Arabie Saoudite, ont décidé, le 4 décembre 2015, de maintenir, une nouvelle fois, le statu quo. Les pays pétroliers continueront de produire sans chercher à relever les cours par le jeu des quotas régulateurs. Le cours moyen du baril de Brent s'établit à 46 dollars en novembre 2015 contre 48 dollars le mois précédent (soit un recul de 42% sur un an).

Augmentation de la production de l'Arabie Saoudite et de l'Irak

L'OPEP maintient sa stratégie volontariste pour garder ses parts de marché, attaqué par le pétrole de schiste nord-américain. Depuis la chute des cours pétroliers en 2014, l'Arabie Saoudite et l'Irak ont augmenté leur production (près de un million de baril/j pour chacun d'eux). La plupart des autres pays n'ont pas pu augmenter leur production pour compenser la baisse des prix. La baisse des recettes qui en résultent provoque de vives oppositions au sein de l'organisation. Celle-là pourrait éventuellement revenir à 30 millions de barils/j, mais l'Arabie Saoudite veut que l'effort soit partagé par tous les membres et non lui seul.

Retour en force de l'Iran

Dans un marché toujours aussi saturé, la levée de l'embargo sur le pétrole iranien sur le marché mondial du pétrole, soit une estimation d'un million de barils par jour supplémentaire va peser à terme et durablement sur les cours. L'offre surabondante devrait donc le rester dans les prochains mois. La production est actuellement dominée par trois pays : les Etats-Unis, l'Arabie Saoudite et la Russie. Chacun extrait, chaque jour, plus de 10 millions de barils de 150 litres, soit à eux trois, plus du tiers du pétrole mondial selon les derniers chiffres de l'Agence internationale pour l'énergie (AIE).

Effet négatif du match euro dollar

Pour les européens, la hausse du dollar face à l'euro compense, pour moitié, la baisse des cours pétroliers. En octobre, le baril de Brent a reculé de 8,5% tandis que le dollar gagne 4,4%, le prix libellé en euro ne baisse ainsi que de 4,3%. De même, sur un an, le prix du baril en dollar s'est effondré de 44%, le dollar grimpant de 14% face à l'euro, le prix du baril en euro reculant ainsi de 35%. Compte tenu des taxes sur le gazole, l'automobiliste français n'a bénéficié que d'une baisse de 13% sur un an.

Cette lettre est réalisée par : Jean-luc Zeiler, Stéphane Chen, Pierre-louis Passalacqua

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