Gestion quotidienne & pilotage stratégique :
éliminez vos doutes, contactez un expert SVP

  • Téléphone
  • App mobile
  • Ordinateur

    Pétrole : vers le seuil psychologique des 100$ pour 2019 ?

    17 septembre 2018

    Les prix des pétroles bruts ont diminué de 2,4% en août par rapport au mois dernier avec une cotation moyenne mensuelle du baril de Brent de la mer du Nord de 72,44$. Cependant, cela ne remet pas en cause les fondamentaux haussiers des cours. En effet, dans un contexte international déjà compliqué, les mesures américaines sur le pétrole iranien engendrent des craintes sur les marchés financiers. Bien que l'Iran soit le troisième producteur de brut au sein de l'OPEP, les géants du pétrole ont dû renoncer à investir sous peine de sanctions lourdes.

    Le baril de Brent pèse sur la consommation en France

    En août 2018, la cotation moyenne du baril de Brent a atteint 72,44$. Sur un an, l'évolution est marquante avec une hausse de +40,1%. La décision américaine de dénoncer l'accord iranien sur le nucléaire a ajouté une couche supplémentaire de tensions sur la scène internationale. Cette hausse constante du baril de Brent, bien que se jouant en dehors de nos frontières, se ressent fortement dans notre économie.

    Comme nous vous l'avons constaté dans notre précédente note sur l'inflation, les prix de l'énergie sont en hausse de +14,3% en juillet sur un an. Ces prix de l'énergie impactent la consommation en France et le constat est aussi flagrant à la pompe. D'après les chiffres du site carbu.com, le litre de sans plomb 98 est en moyenne de 1,633 euro (+20 centimes sur un an) et le litre de gazole est en moyenne à 1,487 euro (+26 centimes sur un an).

    Rappelons que les prix des carburants dépendent principalement de la fiscalité mais aussi des cours du baril de Brent brut, déterminés par le déséquilibre de l'offre et la demande lié par des tensions géopolitiques entre les pays producteurs de pétrole, notamment du conflit entre les États-Unis et l'Iran.

    L'Iran persona non grata sur la scène internationale

    Dans un contexte international compliqué, les États-Unis ont décidé de dénoncer cet été l'accord sur le nucléaire iranien. La volonté du Président américain Donald Trump est d'isoler l'Iran de la scène internationale. L'administration Trump avait déjà annoncé vouloir réduire à néant les exportations de pétrole brut iranien. Dans cet objectif, les américains ont mis en place des sanctions et la plus importante consiste à pénaliser fortement tous les pays qui collaborent économiquement avec l'Iran.

    Cette pression américaine conduit les entreprises du secteur à revoir leurs échanges et leurs projets. La Corée du Sud a par exemple arrêté d'importer du pétrole iranien le mois dernier. C'est aussi le cas du groupe Total qui, en l'absence de dérogations et par craintes de sanctions, doit avorter son faramineux projet sur le plus grand champ gazier du monde, estimé à près de 5 milliards de dollars.

    Une demande mondiale revue à la baisse pour 2019

    D'après les analystes du secteur pétrolier, les sanctions américaines visant le brut iranien auront des conséquences sur le marché pétrolier et sur une éventuelle hausse des prix du baril de Brent. De quoi nous attendre à de possibles hausses des prix du baril de Brent dans les prochains mois, avec la crainte d'un baril atteignant les 100$ pour satisfaire le souhait des États-Unis.

    Renforçant ce constat, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) revoit à la baisse sa production de pétrole brut car l'organisation prévoit un ralentissement de la croissance économique mondiale qui se traduira par une baisse de la consommation de pétrole. En effet, dans son dernier rapport mensuel datant d'août, l'OPEP estime que la demande mondiale de pétrole brut couverte par ses pays membres sera en moyenne de 32,05 millions de barils par jour, soit 130 000 barils de moins qu'en juillet 2018.

    Cette lettre est réalisée par : Kader Berachoua, Stéphane Chen, Pierre-louis Passalacqua

    Les articles des experts SVP sur le même thème :