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    Réforme de la formation professionnelle : qu'en pensent les principaux intéressés?

    14 décembre 2017

    Alors que les partenaires sociaux poursuivent leurs séances de négociation de la réforme de la formation professionnelle, comment les salariés, les professionnels des ressources humaines mais aussi les prestataires de formation envisagent les transformations à venir? Leur regard n'est-il pas plus orienté vers la dernière réforme, qui a impacté leurs pratiques?

    Des organismes de formation dans l'expectative

    Dans un communiqué récent, la Fédération de la Formation Professionnelle (FFP), principal syndicat du secteur, "salue" les premières orientations proposées par le gouvernement. Selon elle, le document d'orientation pose un regard "lucide" sur un système français qu'il est nécessaire de revoir afin d'accompagner au mieux les actifs dans leur montée en compétences.

    Mais la fédération ne cache pas aussi son inquiétude face à la réforme à venir. Alors que le dernier rapport de la Fédération de la Formation Professionnelle fait part d'une activité en stagnation - avec une hausse de seulement 0,3% du chiffre d'affaires pour le secteur l'an dernier, les acteurs rappellent qu'ils commencent à peine à "digérer" les effets de la loi de mars 2014.

    Cette loi, au travers de la fin de l'obligation légale, a amené les entreprises clientes à revoir leur politique d'achat de formation : certaines d'entre elles ont ainsi cessé de reconduire automatiquement les formations inscrites jusque là à leur catalogue interne. Elle a dès lors, pour le syndicat professionnel, engendré une baisse de l'investissement en formation, entraînant une année difficile pour les organismes en 2015.

    En outre, les conditions d'éligibilité au CPF* complexes, ont impacté une grande partie des organismes. Pour la FFP, la dernière réforme a créé une "bureaucratie croissante" et elle espère que les changements apportés par la prochaine loi n'aboutiront pas à une "énième réforme avortée". Elle demande aussi à ce que les TPE et les PME soient mieux prises en compte et que les transformations du système mettent en place des incitations financières.

    Alors que le CPF doit être un des axes forts de la prochaine réforme, l'organisation professionnelle rappelle que les actifs ont des attentes très fortes sur ce dispositif, qu'il serait nécessaire de simplifier et d'élargir aux prestations d'orientations.

    Des DRH et salariés positifs sur la dernière réforme...

    Dans un sondage récent, DRH et salariés ont fait le bilan de trois ans de réforme. Et pour eux, les avancées réalisées sont significatives. 60% des DRH estiment même que la loi de mars 2014 a permis une simplification du droit de la formation. Pour ces professionnels des ressources humaines, cette loi a été l'occasion d'élargir l'accès à la formation à des catégories de personnels, qui en étaient jusque là exclues. 

    Pour eux, comme pour les salariés, le CPF est le point d'orgue de la réforme. Tous perçoivent le dispositif comme un  véritable levier de professionnalisation, de maintien de l'employabilité et comme un outil d'évolution et de montée en compétences. D'ailleurs, les salariés se montrent désireux de mobiliser ce droit : près de la moitié d'entre eux a ainsi consulté la plateforme officielle et identifié une formation intéressante pour son parcours professionnel. Le management semble, d'ailleurs, avoir compris cet intérêt, estimant, en grande majorité, qu'il est utile de proposer un accompagnement.

    ... mais en attente de changements

    Et cette notion d'accompagnement revient comme point clé de la prochaine réforme, que ce soit pour les employeurs mais aussi pour la FFP. Selon un sondage réalisé par Opinion Way pour CCI France, plus de 90% des chefs d'entreprise interrogés considèrent qu'il serait pertinent d'orienter une partie des fonds de la formation vers des prestataires capables d'assister les salariés dans la gestion de leur parcours professionnel. Ils souhaitent aussi que le système à venir leur laisse une plus grande "marge de manœuvre" dans leur gestion de la formation professionnelle. Ils désirent, par exemple, pouvoir choisir plus librement les établissements auprès desquels verser la taxe d'apprentissage.

    Accompagnement et liberté de choix semblent être des attentes fortes des principaux intéressés. Les représentants du personnel souhaitent, par ailleurs, que les débats portent aussi sur la notion de négociation. C'est en tout cas ce qui ressort d'un sondage réalisé par le cabinet Secafi. Elus et syndicats y déclarent, en effet, que pour eux, la formation doit être négociée en entreprise, les discussions devant porter sur le plan mais aussi sur les moyens financiers.

    * Compte Personnel de Formation

    Cette lettre est réalisée par : Delphine Guidat, Anne-catherine Auzanneau, Georges Auffret

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