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    Sportez-vous bien !

    12 octobre 2007

    Parler de rugby au bureau en ce moment, c’est ce que font 53 % des salariés.
    Il y a encore quelques années, ce n’était qu’un moment de convivialité lors des repas ou des pauses cigarettes. Aujourd’hui, les valeurs qu’il véhicule intéressent et interpellent les entreprises : respect, cohésion, transversalité, solidarité et humilité.

    Au-delà d’une pratique personnelle, le sport dans l’entreprise trouve peu à peu sa place.
    La meilleure équipe dans l’entreprise ne doit-elle pas ressembler à la meilleure équipe sportive, être motivée, appliquer des règles du jeu collectif tout en favorisant l’improvisation dans certaines situations ?
    Le sport n’est-il pas une source de fidélisation pour les collaborateurs ?

    Le sport outil de management…

    Cohésion d’équipe, gestion des conflits, capacité à motiver et mobiliser ses troupes : les points communs entre coaches sportifs et managers ne manquent pas. Entre racines et innovation, les sports collectifs sont porteurs de valeurs et d’authenticité qui doivent être une source d’inspiration pour les managers.
    Et si l’expérience des uns profitait aux autres ?

    Des sociétés de conseil en sont convaincues et surfent sur un marché fleurissant. De leur point de vue, l’entreprise de plus en plus multi-sites, ressent la nécessité de souder ses équipes pour faire vivre une culture commune.

    Exit le saut à l’élastique, le dépassement individuel : place désormais à la performance collective. Les stages de team building («construction d’équipe») s’appuient de plus en plus sur les techniques sportives pour remobiliser les collaborateurs.

    Le service des achats de Kronenbourg (groupe Scottish and Newcastle) s’est ainsi livré à une course de speed boat (vedettes ultra rapides) à Disneyland Paris.
    Pourquoi ce choix ? « Parce qu’il symbolise bien notre activité où la rapidité prend une place croissante. On a beau planifier, il faut répondre à la demande du marché. Mais avoir le réflexe de fonctionner en équipe n’est pas si évident en raison de notre organisation matricielle » constate Anne-Caroline Eichacker, adjointe du Directeur des Achats du groupe (Courrier Cadres août 2006).

    Chez Toyota, les cadres ont été invités à fouler la célèbre pelouse de Marcoussis, terrain d’entraînement de l’équipe de France de rugby.
    Cette formation intitulée « créer un duo de choc » a pour but « d’améliorer la relation entre chaque concessionnaire et son chef des ventes…[..]», commente Christophe Hannezo, codirecteur de Koroïdos, agence spécialisée dans les évènements sportifs (Courrier Cadres août 2006).

    D’autres entreprises sollicitent plus classiquement un intervenant sportif célèbre pour motiver leurs troupes. Objectif pour les managers : savoir prendre et faire prendre des initiatives, mais aussi gérer les succès comme les échecs.

    Ainsi, Daniel Costantini qui a mené deux fois l’équipe nationale de handball au titre mondial, fait état de ses réussites et de ses revers auprès de managers en quête de solutions originales. Selon lui, « Le leadership directif n’a plus d’avenir : faites participer vos collaborateurs pour les motiver et vous vaincrez.» (L’Express 13/10/2005)

    La société Xérox, elle, incite ses salariés à participer au marathon de New York. L’intérêt est double : véhiculer une bonne image, celle de la performance et permettre aux participants de nouer des liens sans distinction de grade, d’âge ou de lieu de travail.

    Quelles que soient ces expériences « sportives », les entreprises y voient le moyen de transmettre des messages tout en récompensant leurs collaborateurs.
    Oui mais à quel coût ? Compter entre 300 et 500 euros par personne pour entrer dans un célèbre centre sportif, Marcoussis par exemple.
    S’il est difficile d’en mesurer le retour sur investissement, force est de constater que la demande progresse.

    Le sport, outil de motivation des collaborateurs

    Le paysage du sport en entreprise ne se limite pas au team building. Faciliter la pratique d’un sport peut constituer une solution en matière de prévention des situations stressantes ou anxiogènes. Pour Véronique Dessart médecin du travail santé BTP «le stress, les cadences, ce sont des plaintes fréquentes lors des consultations. Encourager à faire du sport constitue un moyen simple et abordable par tous pour aider à retrouver un équilibre, pour développer des capacités de résistance et d’endurance face à la pression du monde du travail » (Santé BTP fiche pratique n° 19).

    Les collaborateurs aspirent de plus en plus au sport dans l’entreprise orienté vers le loisir et la détente.

    Si les grandes entreprises aménagent parfois des salles de sports dans leurs locaux, elles ne sont pas les seules à s’intéresser à cette question.

    Chez Episkin (laboratoire de recherche de 20 salariés), en se regroupant avec d’autres PME et par l’intermédiaire de l’Agefos-PME Rhône-Alpes, les collaborateurs peuvent chasser leur stress au cours d’une séance de gymnastique.

    La démarche des entreprises s’inscrit progressivement dans le cadre d’offres de services plus larges et diversifiées à l’attention des collaborateurs autrement appelées « conciergerie ». L’objectif est toujours le même : lutter contre le stress en permettant une meilleure articulation entre vie professionnelle et vie personnelle. Depuis le bureau il est possible de solliciter du baby-sitting, un service pressing, un lavage de voiture ou un cours de yoga.

    Selon Stéphanie Cardot directrice générale de To Do Today une des premières sociétés de conciergerie, à partir de cent salariés, une structure légère peut être mise en place et être rentabilisée eu égard au risque et coût du turnover et de l’absentéisme.

    Faut-il crier au paternalisme ? Le développement de ces pratiques managériales n’entretient-il pas la confusion entre vie privée et vie professionnelle ? Où est la frontière ?

    Pour Jean-Louis Muller, responsable de l’offre stratégie et pilotage à la Cegos, il s’agit d’une technique de management implicatif et responsable. En s’investissant dans la prise en charge des contraintes de la vie quotidienne et du bien être de ses collaborateurs, l’entreprise humanise et motive.

    A l’heure où la stratégie du management des ressources humaines devient un nouvel enjeu pour les entreprises, le rôle du DRH ressemble parfois à celui de dirigeant de club sportif. Accorder moyens et confiance à ses managers, ses collaborateurs, fixer les objectifs à atteindre, donneront du sens à l’action et favoriseront l’émulation collective. Pour autant, associer l’image du sport à sa communication clients, s’approprier ses valeurs ne suffit pas. Le DRH veillera à la mise en cohérence du discours et des pratiques.