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    UE/Etats Unis : la guerre du bœuf aux hormones à nouveau déclarée ?

    13 janvier 2017

    Dans un communiqué de la fin décembre, les autorités américaines ont fait savoir que les Etats Unis pourraient rétablir des sanctions à l'encontre de l'Union européenne car elles estiment que les Européens « discriminent les importations de bœuf » américain.

    Un désaccord très ancien…

    En 1988, l'Union européenne, dans le but de protéger la santé des consommateurs, a interdit l'importation de bœufs traités avec des hormones de stimulation de la croissance. En 1996, les Etats-Unis, un des pays les plus frappés par cette décision, l'ont contestée auprès de l'OMC pour imposer ensuite des sanctions à l'encontre des produits européens : des droits de douane à hauteur de 100 % ont été imposés sur 21 produits communautaires, parmi lesquels le roquefort, la moutarde préparée, les échalotes, les produits issus de la viande bovine et porcine, le chocolat et les truffes.

    … qui a trouvé un compromis en 2009

    Aux termes de l'accord conclu en 2009 et ratifié par le Parlement européen en 2012, il avait été décidé que :

    - l'UE importerait davantage de viande bovine, mais toujours pas de bœuf aux hormones,

    - et que les Etats-Unis n'appliqueraient plus de droits de douane prohibitifs sur certains produits importés d'Europe.

    Le conflit pourrait être relancé par les Etats Unis

    En effet la Représentation américaine au commerce extérieur (USTR/US Trade Representative) juge que l'Europe n'a pas rempli « sa part du contrat » et considère que l'interdiction du bœuf aux hormones ne s'appuie pas sur des données scientifiques avérées. C'est la raison pour laquelle, des consultations publiques ont été ouvertes et les professionnels européens en redoutent les conclusions car elles pourraient aboutir à l'instauration de nouveaux droits de douane à l'importation de produits européens. Parmi ceux-ci, seraient visés le roquefort, la moutarde et les truffes. Cela pourrait représenter pour la France, selon la FNSEA, des pertes comprises entre 50 et 100 millions d'euros.

    Cette question du « bœuf aux hormones » aurait dû faire l'objet de discussions dans le cadre du TTIP (Transatlantic Trade and Investment Parnership). Mais ces discussions ont pris beaucoup de retard et c'est pourquoi, l'administration américaine souhaite que cette affaire soit réglée plus rapidement.

    Cette lettre est réalisée par : Patricia Lemaire, Robert Giovannelli

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