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    Bonne année 2012 en perspective pour le secteur aéronautique

    23 janvier 2012

    L'année aéronautique 2011 aura été marquée par les importantes commandes accumulées dans le secteur civil par Airbus et Boeing. Ces commandes devraient permettre à ces avionneurs d'augmenter leur cadence de production pour 2012 et d'en faire profiter les équipementiers. Si le secteur civil est caractérisé par de nombreux projets, notamment en matière d'aviation durable, qui stimulent les constructeurs, le secteur militaire est beaucoup plus atone.

    Un bon bilan commercial pour la 49ème édition

    " Salon de tous les records ", " Bourget de la reprise ", " Un cru exceptionnel ", tels ont été certains des qualificatifs du 49ème Salon international de l'aéronautique et de l'espace du Bourget qui s'est tenu du 20 au 26 juin 2011.
    Cette avalanche de titres et de qualificatifs emphatiques s'explique par le bilan commercial record de cette édition : 1400 commandes et intentions d'achats ont été dévoilées lors des quatre premiers jours de cette édition (778 commandes ferme d'aéronefs et 37 hélicoptères).

    Avantage, Airbus

    Ce bilan a été notoirement bon pour Airbus, l'avionneur ayant été soutenu par l'A320neo, version remotorisée devant permettre à son best-seller d'économiser 15% de kérosène. A l'issue des quatre premiers jours du salon, Airbus a annoncé la commande ferme de 586 avions, Boeing, son adversaire traditionnel, 47 avions. Il est néanmoins important de savoir que, contrairement à Airbus qui privilégie l'annonce de ses gros contrats lors du salon afin de profiter à plein de la caisse de résonance médiatique, l'avionneur américain est plutôt coutumier des annonces au fil du temps.
    Cette avance prise par Airbus a permis à l'avionneur européen d'occuper, une fois encore, la première place du marché en 2011. Toutefois son rival américain, en signant les deux plus gros contrats de l'histoire de l'aviation civile en 2011 (50 B777-300 avec Emirates et 208 B737 avec Southwest) a réussi une des meilleures années de son histoire.

    L'A320neo en pleine prise de vitesse

    Si les long-courriers n'ont pas eu le succès attendu (2 commandes fermes pour l'A380, 6 engagements pour l'A350-900, 14 commandes fermes pour le B777 et 2 pour le 747-8), les moyens-courriers ont, quant à eux, eu un bel attrait. En comptant les commandes fermes, les engagements et les options, l'A320neo a fait l'objet de 796 commandes. La transaction la plus importante de l'histoire en termes de volume ayant été réalisée par la compagnie AirAsia qui en a acheté près de 200. L'A320neo représente le meilleur démarrage d'un avion de ligne tous genres confondus. Afin de concurrencer ce " best-seller ", Boeing a décidé, fin août, de remotoriser son B737, cette version, le B737 MAX, devant consommer 7% de carburant en moins que son concurrent européen.
    La réponse de l'avionneur américain était naturelle car, selon ses propres prévisions, c'est sur le segment des moyens-courriers que seront passées 70% des commandes dans les vingt prochaines années. D'ailleurs, des acteurs chinois (COMAC), canadiens (Bombardier), russes (Sukhoï), brésiliens (Embraer) et indiens tentent de préparer des offres aptes à mettre fin au duopole Airbus-Boeing.

    Aviation durable pour un coût raisonnable

    La grande caractéristique de la 49ème édition du salon du Bourget a été la mise en avant par les industriels de nouveaux concepts et de technologies au service d'une aviation durable. Cette dynamique a été portée par l'envolée des prix de l'énergie, la volonté de diminuer les nuisances sonores et l'objectif d'une réduction par deux des émissions de CO2 par l'Association Internationale du Transport Aérien d'ici à 2050. La structure en fibre de carbone, la chaine de propulsion, l'instrumentation de bord, tout est désormais pensé et conçu pour économiser de l'énergie et intégrer les contraintes de poids aux impératifs de résistance, la démonstration silencieuse réalisée par le Solar Impulse ainsi que les concepts ZEHST et VoltAir d'EADS personnifiant cette tendance de " l'aviation verte ".
    Outre une logique spécifiquement " développement durable ", cette tendance à " l'aviation verte " vise à permettre aux nouveaux et futurs appareils d'être capables de franchir à un coût raisonnable les distances qui séparent l'Europe et les États-Unis de l'Asie et du Moyen-Orient. L'objectif du B787 comme de l'A350 est de profiter au mieux de ces segments, désormais les plus rentables. Les succès que rencontrent l'A320neo et le B737 MAX illustrent bien l'impact que peut avoir le concept " d'aviation durable " sur les ventes d'appareils.

    Une défense atone, entre coupes budgétaires et luttes fratricides

    Contrairement au secteur civil, et malgré la présence d'un certain nombre d'avions au sol comme en démonstration, la défense s'est faite discrète lors du Salon du Bourget. En effet, mise à part la vente de quatre F-35A par Lockheed Martin à la Norvège, aucune annonce sur un nouvel appareil n'a été faite ; aucun contrat à l'exportation n'a été signé. Traditionnellement discret lors des grands salons, le secteur de la défense, très politique par nature, doit aussi faire face à un contexte de coupes budgétaires. Les seules annonces de ventes ont concerné des systèmes annexes comme les radars et les missiles. Toutefois, même si le secteur fut discret, la lutte fratricide menée par Dassault Aviation et EADS entre le Rafale et l'Eurofighter a failli se propager sur le terrain des drones. Un secteur d'avenir si on regarde l'utilisation de ces derniers dans les conflits en cours.

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    Cette lettre est réalisée par : Baudouin Desprès Pierre-louis Passalacqua, Géraldine Sourdot