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    Covid-19 : l'agroalimentaire en première ligne

    10 avril 2020

    Reconnu par le gouvernement comme prioritaire, le secteur agroalimentaire doit faire face à l'emballement des achats de précaution. Les usines tournent à plein régime. Tandis que des mesures sont prises à tous les niveaux de la filière pour assurer la continuité de la chaîne d'approvisionnement.

    L'agroalimentaire, secteur prioritaire

    Le passage au stade 3 de l'épidémie a placé le secteur agroalimentaire en première ligne. Reconnu par le gouvernement comme secteur prioritaire, les entreprises répondent depuis déjà plus de trois semaines à l'emballement des achats de précaution.

    Selon les dernières données de Nielsen, la première quinzaine de mars a vu une augmentation des ventes de près de 10% en valeur. Produits symboles de ces achats de précaution, les pâtes voient leurs ventes littéralement exploser, avec, sur le drive, une hausse de plus de 110 % comme le riz, les légumes secs, les plats cuisinés.

    Le drive a d'ailleurs vu sa progression s'accélérer avec une hausse de 30 % du chiffre d'affaires, de même que la livraison à domicile qui voit ses ventes s'envoler littéralement avec une hausse de 70 %.

    L'enjeu logistique

    Conséquence, les usines tournent à plein régime 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et concentrent leur production sur les références essentielles. Toutefois, en accord avec la grande distribution, les promotions ont été suspendues pour arrêter la production des lots qui créent des pertes de cadence.

    La continuité des approvisionnements en produits alimentaires met aussi à l'épreuve la chaîne logistique. Selon les enseignes, de 90 à 95 % des références sont disponibles et continueront à l'être. Aucune pénurie sur des biens de première nécessité n'a eu lieu jusqu'à ce jour.

    Pour garantir la disponibilité du personnel, sachant qu'environ un quart des salariés sont impactés par la fermeture des écoles, un assouplissement des règles de recrutement, tout comme celles relatives au travail de nuit et aux heures supplémentaires a été décidé par les pouvoirs publics.

    La maîtrise des bonnes pratiques d'hygiène et du contrôle qualité : la force des salariés des IAA !

    Dans les usines agroalimentaires, des contrôles de température à l'entrée sont en cours de généralisation, tout comme le respect des gestes barrières, avec la rigueur impulsée par des services qualité rompus à l'exercice des bonnes pratiques d'hygiène.

    Quant à l'hypothèse d'une contamination des aliments par des humains malades ou porteurs asymptomatiques du virus Covid-19, l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) vient de livrer des conclusions rassurantes. En l'état des connaissances, la transmission de ce virus respiratoire par voie digestive directe est écartée. Il est, de plus, sensible aux températures de cuisson.

    En réalité, la question de fond est d'un tout ordre. C'est celle du soutien de la population à celles et ceux qui vont s'engager aux services des autres, à l'heure des mesures obligatoires de confinement général.

    Les maillons fragiles du système, la logistique et la protection des salariés

    Le président de l'ANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires) a mis en garde au sujet d'un maillon fragile du système, la logistique. Pour l'instant, les entreprises agroalimentaires sont capables d'approvisionner les distributeurs, en particulier en produits frais mais le transport par les chauffeur-livreurs est la clé de la bonne continuité des approvisionnements.

    Autre maillon faible, la protection des salariés, due à la difficulté d'approvisionnement en masques. Dans ce secteur, les organisations professionnelles et le Ministère du travail ont complété leurs recommandations face à la crise du Covid-19, et ont préconisé le port du masque et des gants.

    Les masques bien qu'arrivés en grand nombre, viennent à manquer, tous les salariés sont loin d'être équipés correctement. L'ANIA explique avoir demandé à ce que le secteur agroalimentaire soit considéré comme un secteur prioritaire pour l'obtention de masques de protection.

    Les gants à usage unique doivent être utilisés pour les secteurs où il y a manipulation directe des produits, mais ils doivent être changés souvent. A défaut de gants, les opérateurs sont tenus de procéder à une désinfection fréquente des mains avec gel hydro-alcoolique.

    Les restrictions sur les trajets professionnels ne concerneront pas les personnels soignants, ni les salariés de l'alimentaire, qui, de l'industrie au commerce, vont devoir remplir en cette période inédite de crise sanitaire mondiale une mission d'intérêt national. Oui, nourrir les autres est une noble mission. Il n'est jamais trop tard pour s'en rendre compte. Nous pouvons être fiers d'eux !

    Cette lettre est réalisée par : Tanguy Audureau
    , Pierre-louis Passalacqua

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