Social, finance, fiscalité, économie, réglementation, vie des affaires, information sectorielle…
interrogez les 200 experts SVP sur toutes vos questions professionnelles

    Cybersécurité : l'IA pour se défendre des malwares

    07 May 2021

    Créée en novembre 2019, la société rennaise Glimps est spécialisée dans le développement de solutions logicielles de protection contre les malwares. Utilisant l'intelligence artificielle, les outils automatisent les processus de détection et d'analyse des virus et l'audit des logiciels pour en évaluer la sécurité.

    Dépasser la seule analyse des signatures des virus pour les détecter

    La plupart des solutions logicielles de protection contre les virus et autres programmes malveillants (" malwares ") se fondent sur l'analyse des signatures virales qu'elles ont préalablement intégrées dans leur base de données. Tous les fichiers disposent d'une signature qui leur est propre et unique ; cette signature étant une série de caractères (" bytes ") successifs permettant de l'identifier. La recherche de présence des signatures dans la base de données permettra de déterminer si les fichiers du système d'information ont été corrompus et de les isoler, le cas échéant. Et même si les antivirus actuels ont dépassé cette seule analyse, c'est toujours sur ce fondement qu'ils sont conçus. Des analyses heuristiques ou comportementales viennent compléter cette détection, afin d'identifier des actions anormales ou des comportements non sollicitées des fichiers.

    L'idée des fondateurs de Glimps est, non plus de comparer par rapport à des informations préalablement identifiées, mais de mimer la capacité du cerveau humain à reconnaitre des informations même si celles-ci ont subi des variations pour ne plus être exactement identiques. Un peu comme une histoire dont on aurait changé le nom, le lieu et l'identité des personnes mais qu'on arriverait à identifier par raisonnement.

    Rennes, capitale de la cybersécurité

    Rennes veut devenir la capitale française de la cybersécurité et elle dispose de nombreux atouts pour y parvenir. En plus de Glimps, de nombreuses startups sont déjà présentes dans la région avec, notamment, RubyCat Labs, qui édite des logiciels pour la gestion des accès sensibles aux systèmes d'information, ContentArmor, conceptrice de solutions de lutte contre le piratage d'œuvres audiovisuelles par " watermarking ", ou encore Yagaan, qui développe un scanner de code source intelligent, pour n'en citer que quelques-unes. Toutes sont regroupées au sein du Poool, issu de la fusion des associations " La French Tech Rennes St Malo " et " Rennes Atalante ".

    Et l'ANSSI, Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'information, prévoit également d'être présente au sein de ce bouillon d'innovation en cybersécurité. Elle devrait, à terme en 2026, se composer de 200 collaborateurs avec le personnel de l'agence parisienne et recrutements locaux.

    La pandémie COVID-19 a largement augmenté le risque d'attaques informatiques

    Le développement du télétravail est une nécessité, plus qu'une obligation, afin de protéger les salariés. Cependant, il implique souvent des usages moins encadrés qu'au sein de l'entreprise et offre aux pirates des portes plus facilement ouvertes. Dans une étude récente (" The Hidden Costs of Cybercrime "), McAfee et le CSIS estiment la perte monétaire due à la cybercriminalité mondiale à environ 945 milliards US$. L'étude précise également que les dépenses mondiales en cybersécurité se sont élevées à plus de 145 milliards US$ en 2020.

    L'Agence de l'Union européenne pour la cybersécurité (European Union Agency for Cybersecurity - ENISA) a publié plusieurs rapports dont " The year in review ", dans lequel elle montre la forte évolution des menaces informatiques qui deviennent de plus en plus sophistiquées. Selon Juhan Lepassaar, directeur exécutif de l'agence, " 71 % des organisations ont été confrontées à des logiciels malveillants qui se sont propagés d'un employé à un autre ".

    Une levée de fonds en série A d'un montant exceptionnel

    Même si leurs montants sont en augmentation, les levées de fonds en série A, qui suivent les levées en phase d'amorçage, sont généralement comprises entre 1M€ et 5M€. Glimps a su convaincre puisqu'elle obtient, en avril 2021 soit après moins de deux années d'existence, un montant de 6 millions € auprès d'Ace Capital Partners et Breizh up. En novembre 2019, elle avait réuni 240 000 € en amorçage.

    En décembre 2020, elle a remporté le 1er Prix de " l'Investor Day pitch jeunes entreprises " et elle avait déjà remporté, en novembre 2019, le prix du public pour les pitchs Startup de " l'European Cyber Week ". Ces deux titres sont la preuve que ses fondateurs, Frédéric Grelot, Cyrille Vignon, Jérémy Bouetard et Valerian Comiti, quatre anciens ingénieurs de la Direction générale de l'Armement, sont compétents pour développer des solutions innovantes mais savent aussi présenter leurs outils, ce qui est presque aussi important pour un bon développement commercial.

    Cette lettre est réalisée par : Denis Kientz
    , Pierre-louis Passalacqua
    , Stéphane Chen

    Les articles des experts SVP sur le même thème :