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    Facebook : renversement de tendance pour les réseaux sociaux ?

    09 octobre 2012

    Le scénario avait pourtant bien commencé. Facebook incarnait le rêve américain et le potentiel des entreprises de la Silicon Valley. La semaine encore, la plateforme s'est illustrée en dépassant le milliard d'internautes. Pourtant, entre le fiasco de son entrée en bourse, l'incertitude de son modèle économique et les méfiances des socionautes sur la confidentialité des données, tout n'est pas si rose pour le réseau social.

    Un engouement démesuré ?

    Le désenchantement a commencé le 18 mai dernier lors de son introduction en bourse. Sa valorisation dépassait les 100 milliards de dollars, un record à Wall Street. Les actionnaires ont pourtant déchanté : 4 mois plus tard, la valeur du titre a perdu plus de la moitié de sa valeur.

    Les médias ont largement contribué à un buzz massif autour de l'opération boursière mais plus généralement autour de l'entreprise elle-même et sa réussite. Le battage médiatique sur Facebook et les réseaux sociaux n'est pas récent et a sûrement contribué à cette surestimation de la valeur des actions Facebook.

    On voulait croire en la réussite du cours Facebook qui aurait été synonyme d'une envolée des cours profitable aux futures introductions en bourse dans le domaine d'internet et des réseaux sociaux ce qui aurait signifié une redynamisation les cours boursiers des valeurs technologiques et une réconciliation entre sphère de l'économie financière et sphère de l'économie réelle.

    Finalement, loin de cette réconciliation, les analyses financières de la société montrent que le prix d'introduction était déconnecté de la réalité.

    Un modèle économique encore incertain

    L'efficacité des publicités Facebook n'est pas encore vraiment établie. Ainsi, trois jours avant l'introduction en bourse, la société General Motors décidait d'arrêter ses investissements publicitaires sur le réseau social (soit 10 millions d'euros). Après le ralentissement de l'action en bourse, de nombreux articles sur le manque d'efficacité publicitaire de Facebook ont été publiés.

    De plus, les prévisions de croissance de l'entreprise ont connu un coût d'arrêt face au manque de stratégie de la firme face au téléphone mobile. Alors que la moitié des consultations de comptes Facebook s'effectuent depuis un support mobile, l'entreprise avoue que sa stratégie publicitaire sur Smartphone est encore floue et qu'elle ne monétise pas encore les publicités via mobile.

    Des doutes subsistent également sur sa capacité à cibler les consommateurs. Comment parvenir à des offres de plus en plus personnalisées alors que la protection des données personnelles devient un sujet public d'envergure et que des chartes sont créées au Japon ou en Allemagne pour protéger l'utilisateur contre Facebook et l'inciter à veiller sur ses données privées.

    Les investissements de Facebook ont été également été pointés du doigt, notamment le rachat pour un milliard de dollars d'Instagram, pas encore rentable et la perspective d'achat de l'éditeur de logiciels Opera.

    Une méfiance plus globale envers le secteur

    Des craintes plus générales sur les réseaux sociaux sont formulées. Aujourd'hui, ils représentent une nouvelle façon de communiquer et rassemblent de plus en plus d'utilisateurs. Mais, les modes de communication se succèdent. Quelle est leur pérennité sur le long terme, notamment à l'heure d'internet où les tendances et les acteurs évoluent rapidement ?

    Sans parler d'une nouvelle bulle internet, l'exemple de Facebook montre que l'engouement pour la nouveauté ne doit pas pour autant susciter l'affolement boursier. Peut-être plein d'avenir, les réseaux sociaux doivent être analysés avec objectivité et leur valeur boursière ne doit pas être déconnectée de la sphère réelle.

    L'introduction de Facebook en bourse marque-t-elle la fin de l'attractivité boursière de ces réseaux sociaux et la fin d'un cycle ?

    LinkedIn, avait été introduit il y a un an et l'action avait bondi de 109% le jour de son introduction en bourse valorisant la société à 37 fois son chiffre d'affaires. A son entrée en bourse, Facebook était valorisé plus de 28 fois son chiffre d'affaires. Mais Yelp, un réseau social permettant d'échanger son avis sur les commerces a été avantageusement côté en mars puis a baissé de 25% depuis.

    Les investisseurs se montreront peut-être plus frileux envers les prochaines cotations. Les candidats à une introduction en bourse future comme Twitter, Pinterest, Tumblr ou Foursquare devront peut-être voir leurs ambitions à la baisse. Pour Facebook qui a profité de cette survalorisation pour récolter 16 milliards de dollars, l'avenir est plutôt serein mais les choses pourront se gâter s'il faudra de nouveau faire appel aux marchés pour des investissements futurs.

    Cette lettre est réalisée par : Aurélie Bourdon, Géraldine Sourdot, Muriel Doyen