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    Formation continue : un marché pour les universités

    13 February 2012

    Les universités commencent à prendre conscience que la formation continue peut être pour elles un secteur porteur. Et l'objectif affiché par la CDSUFC* est ambitieux: s'emparer, pour 2011, de 10% du marché de la formation professionnelle. Pour atteindre ce but, certaines d'entre elles ont mis en place des politiques mêlant marketing et partenariats.

    Une manne financière

    350 millions d'euros : c'est le montant réalisé, en 2008, par les établissements supérieurs publics - principalement les universités – au titre de la formation continue. Et les entreprises en sont devenues les principaux financeurs, représentant à elles seules 29% du chiffre d'affaires de ces dernières. Mais cette manne ne profite pas à toutes les universités de la même façon : Lille I et Lyon I en sont les grandes gagnantes avec respectivement plus de 10 millions et plus de 7 millions d'euros de chiffre d'affaires en formation continue. A l'inverse, Orléans, Angers ou encore Pau n'atteignent pas, elles, la barre du million d'euros.

    Un retard français à combler

    Pourtant, malgré ces chiffres encourageants, les universités françaises demeurent en retard par rapport à leurs homologues européens et américains. Alors que le nombre d'adultes en reprise d'études atteint jusqu'à 50% des effectifs de certaines facultés anglo-saxonnes, il est seulement de 10% en France.

    Plus important encore, les cadres semblent préférer se former en dehors de l'Hexagone ou dans des organismes privés. Ainsi, même si au total, ce sont plus de 460 000 stagiaires qui ont été reçus par les établissements d'enseignement, à l'université, seul un quart d'entre eux a été formé au titre du plan de formation et la moitié a financé seule sa formation.

    Les universités ne détiendraient d'ailleurs que 3,3% de parts du marché de la formation professionnelle continue. Elles vont donc devoir s'organiser pour s'ouvrir de plus en plus aux entreprises. Certaines l'ont bien compris et ont déjà mis en place des politiques afin de mettre en avant leurs atouts, comme de proposer des formations diplômantes et reconnues.

    Des politiques d'alliances

    Elles essaient désormais d'être à l'écoute des besoins des entreprises, à la fois en termes de contenus mais aussi de flexibilité dans les horaires et les calendriers des formations. Lille I a ainsi fait le choix de gérer ses diplômes par « blocs de compétences » autonomes, permettant aux salariés de suivre les programmes sur plusieurs années.

    L'objectif des universités est aussi de démontrer aux entreprises qu'elles sont capables de proposer des formations très opérationnelles. En se positionnant par exemple sur des domaines pointus, comme l'a fait Dauphine sur la qualité au travail. Dans ce cas, l'établissement a mis en place un partenariat avec l'ANACT – Agence Nationale d'Amélioration des Conditions de Travail.

    Et ce choix de développer des alliances est de plus en plus fait par les universités, et notamment avec des organismes de formation privés. Demos ou Cegos, leaders sur le marché privé, ont chacun établi des partenariats avec des établissements d'enseignement supérieur. Gérant l'aspect commercial et promotionnel des formations, ces organismes bénéficient de l'expertise des universités pour les enseignements. Et surtout, ces dernières leur offrent la possibilité de délivrer des diplômes. D'autres universités, quant à elles, ont fait le choix de s'associer avec des écoles de commerce pour créer des diplômes conjoints, mettant en avant leur pluridisciplinarité, par exemple en travaillant sur le management des industries de santé. Et c'est aussi cette pluridisciplinarité qui positionne l'enseignement supérieur comme un acteur important au sein du marché de la formation continue.

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    Cette lettre est réalisée par : bouveret sylvie