Gestion quotidienne & pilotage stratégique :
éliminez vos doutes, contactez un expert SVP

    Inde, les secteurs en pointe

    09 octobre 2007

    L’INDUSTRIE DIAMANTAIRE

    C’est dans les années 70 que les Indiens pénètrent le marché du diamant dominé depuis le XIXème siècle par la De Beers. Les premières usines de taille sont créées par un groupe religieux minoritaire, les jains de Palanpur, dans le Gujarat. Ces Indiens doués pour les affaires, attirent d’emblée la sympathie des diamantaires hassidim d’Anvers.

    Au début les Indiens taillaient des pierres australiennes trop petites pour intéresser les diamantaires d’Anvers ou de Tel Aviv. Aujourd’hui à Anvers les Indiens contrôlent la moitié du commerce.

    Onze diamants sur douze dans le monde sont taillés et polis en Inde entre Bombay et Surat (8000 entreprises). Depuis trois siècles l’Inde ne produit plus de diamant et achète ces pierres brutes en Afrique du Sud, en Angola ou à Londres dans les ventes très privées de la De Beers.

    L’industrie diamantaire en Inde affiche une croissance de 10 à 15 % par an, emploie plus de 1 million de personnes et a exporté en 2006 pour 17 milliards de dollars de diamant taillés et de bijoux dans le monde selon Sanjay Kothari, Président du Gem and Jewellery Export Promotion Council, le syndicat subventionné par l’Etat.

    L’INDE ET LES PIERRES SEMI OU PRECIEUSES

    L’Inde regorge de diamants mais aussi de saphirs, topazes, améthystes, grenats, spinelles. Une activité très florissante, puisqu’en 2005, l’Inde a importé pour 83 millions de dollars de pierres brutes de couleur tandis que ses exportations de pierres taillées lui rapportaient 193 millions de dollars.

    GEM PALACE

    Le Gem Palace fondé en 1852, dirigé par les Frères Kasliwal et fournisseur attitré des Maharadjahs et des têtes couronnées est devenu le partenaire privilégié des joaillers occidentaux comme Tiffany & Co ou de créatrices en vogue comme Marie Hélène de Taillac. La créatrice réside à Jaipur une partie de l’année et fait faire ses bijoux par les artisans du Gem Palace. Il y a deux ans elle a su remettre au goût du jour les briolettes, ces pierres en forme de goutte facettées.

    Au Gem Palace, il y en a pour toutes les bourses et tous les styles. Pour les Indiens les plus pauvres qui se doivent de posséder un bijou, pour les reines, les VIP, les peoples, les accrocs de mode.

    Le Gem Palace regorge de bijoux anciens extraordinaires et de pièces très contemporaines qui font le bonheur des musées. Tous ces bijoux offrent une merveilleuse vitrine de savoir faire ancestraux.

    Gem Palace fait appel à des centaines de petits ateliers disséminés dans Jaipur. Depuis quelques années l’entreprise a réintégré les artisans partis il y a une génération de l’entreprise.

    L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE

    En quelques années, l’Inde est devenue le principal fournisseur en médicaments des pays pauvres au point d’être surnommée « La pharmacie des pays en développement ».

    Les médicaments à bas prix ont permis de faire chuter de plus de 90 % les prix des traitements contre le sida. La moitié des médicaments contre le HIV, la plupart des antibiotiques, des antipaludéens distribués dans le tiers monde viennent d’Inde.

    Des génériques, des copies, sont vendus dix fois moins chers que les originaux car depuis les années 1970 les brevets des grandes molécules n’étaient plus reconnus.

    L’industrie pharmaceutique indienne est constituée de milliers de petites et moyennes entreprises locales qui emploient plus de 500 000 personnes.

    Ce sont eux qui réalisent 80 % du chiffre d’affaires qui s’est élevé à 11.8 milliards de dollars en 2006.
    Les grandes firmes internationales n’ont que 20 % du marché et commencent à se battre pour faire valoir leurs droits et revenir sur un marché estimé à plus de 20 milliards en 2010, ce qui permettra à l’Inde de se mettre en conformité mais posera un problème énorme de prix dans un pays où 70 % de la population n’ont pas accès aux médicaments.

    A côté de ces petites structures locales, il y a les majors indiens (Dr Reddy’s, Ranbaxy, Cipla, Sun, Pharma…) qui eux ont déjà pris leurs marques face à l’évolution de la législation et se lancent dans la recherche et le développement et rachètent dès qu’ils peuvent des laboratoires occidentaux (Negma, CP Pharmaceuticals, Esperna…).

    Une étude du cabinet Mc Kinsey indique que le marché médical indien va plus que tripler d’ici 2015. Avec 20 milliards de dollars de dépenses prévues contre 6.3 aujourd’hui l’Inde deviendra le deuxième marché pharmaceutique au monde.

    Deux exemples récents viennent étayer ces propos :

    Novartis : vient d’annoncer la sortie du territoire indien de ses investissements en recherche et développement. Les sommes seront réallouées dans d’autres pays. Cette décision fait suite à la décision de la Haute Cour Indienne du 6 août qui a débouté le groupe sur le Glivec un anti cancer.

    Roche : a déposé plainte aux Etats-Unis contre Dr Reddy’s Laboratoires qui veut commercialiser la version générique du Boniva contre l’ostéoporose. Les brevets courant jusqu’en 2023.

    LES ENTREPRISES INDIENNES A L’EXTERIEUR

    INFOSYS

    L’une des plus importantes sociétés de services et d’ingénierie informatiques d’Inde vient de gagner un contrat d’infogérance de 250 millions de dollars sur sept ans avec la firme Phillips.

    Infosys compte 75600 personnes dans le monde et réalise un chiffre d’affaires de  4 milliards de dollars (+ 30 %) et dispose d’une trésorerie de 1,6 milliards de dollars…

    WIPRO

    Le numéro trois des services informatiques rachète la société américaine Infocrossing pour 600 millions de dollars en cash. Wipro aurait d’autres acquisitions en vue au Canada et en Allemagne.

    JSW STEEL

    Le quatrième groupe indien de la sidérurgie rachète aux Etats-Unis Jindal United Steel Corp, Saw Pipes Usa et Findal Enterprises. Ces sociétés fabriquent des plaques d’acier et des tubes pour l’industrie pétrolière.

    Les entreprises françaises et étrangères en Inde

    ETAM

    Après la conclusion d’une joint venture, Etam a ouvert six premiers points de vente « Etam Lingerie », quarante autres points de vente devraient suivre.

    LOUIS VUITTON

    Louis Vuitton attend le feu vert des autorisations administratives pour s’installer dans la région de Pondichéry et de Chennai (Madras) lieu traditionnel de la fabrication de chaussures. Le groupe qui cultive une image forte du « made in France » n’y sous-traiterait que le piquage des semelles, la majeure partie de la fabrication continuant à être réalisée en Italie et conserverait le label prestigieux « made in Italy ».

    PUBLICIS

    Présent depuis plus de 10 ans en Inde, le groupe Publicis vient de racheter l’agence indépendante Capital Advertising. Les investissements publicitaires en Inde sont évalués à plus de 5 milliards de dollars et la croissance devrait dépasser 20 % par an.

    RENAULT

    Renault et Nissan ont annoncé l’implantation d’un centre technique à Chennai. Ce centre sera dédié aux prestations d’ingénierie et de services aux deux constructeurs et emploiera plus de 1500 salariés.

    CARREFOUR

    Le groupe cherche toujours à s’implanter dans le continent indien. Il serait en discussion avec le groupe foncier DLF détenu par Kushal Pal Singh pour trouver les emplacements idéaux.

    LENZING

    Le producteur autrichien de fibres annonce la construction d’une unité de viscose d’ici 2011. L’usine sera créée en association avec le conglomérat indien Modi et située au sud de Bombay.

    ZEGNA

    Le groupe italien de prêt-à-porter masculin de luxe ouvre une boutique en pignon dans l’hôtel Tay Mahal Palace and Tower à Bombay.

    NOVOZYMES

    Le groupe danois leader mondial sur le marché des enzymes, vient de racheter l’activité Enzymes de l’Indien Biocon lui-même n°1 dans son pays et spécialisé dans l’industrie des jus de fruits et du vin.

    HOLCiM

    Holcim va débourser 1 milliard d’euros pour monter à 56 % au capital de l’Indien Ambuya Cement. Entré en 2005 dans le pays, le cimentier suisse affiche une part de marché de l’ordre de 25 % loin devant son rival Lafarge.

    ERICSSON

    L’opérateur indien Bharat Sanchar Nigam Ltd vient de commander à Ericsson pour 1,3 milliards de dollars d’équipements.

    AXA ET BHARTI

    Nouvelle société commune dans la gestion d’actifs entre Axa Investment Managers (Axa IM) ET Axa Asia Pacific Holdings (Axa APH) et Bharti.

    SCHNEIDER

    Les défaillances du réseau public d’électricité ont permis au français Schneider de récupérer 7 à 8 % du marché indien du matériel électrique soit un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros par an.

    Le groupe possède neuf usines en Inde et emploie 5000 salariés.

    BREVES

    POLLUTION ET PIB

    L’incidence de la pollution sur le PIB serait de l’ordre de 4 à 8 %.

    EMISSION CO2

    L’Inde occupe le sixième rang mondial en matière d’émissions de CO2.

    CENTRES COMMERCIAUX OU « MALLS »

    De quatre en 2004 les malls devraient atteindre plus de 250 d’ici à 2010.

    LE FRANCE

    L’ancien paquebot France va être démantelé sur le chantier naval d’Alang, il contient plus de 900 tonnes d’amiante et autres matériaux toxiques.

    CIMENT

    Deuxième marché mondial du ciment après la Chine, l’Inde consomme 141 kilos par habitant contre 946 kilos pour un Chinois.

    DES SUPERMARCHES ATTAQUES

    Les supermarchés de la chaine Reliance ont du fermer après avoir été attaqués par des petits commerçants. De ce fait Reliance va licencier plus de 1000 employés.

    LE REVEIL DES SYNDICATS

    Les salariés indiens se syndiquent de plus en plus et espèrent pouvoir aider les 90 % des travailleurs indiens qui travaillent dans le secteur dit informel sans réelle législation du travail.