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    L'inde, 3ième puissance économique mondiale?

    12 March 2007

    Après la Chine, l’attraction exercée par l’Inde est tout aussi forte. Les décennies futures seront celles du « CHINDIA » cet immense ensemble qui regroupe d’ores et déjà un actif et un consommateur sur deux dans le monde. La comparaison entre la Chine et l’Inde est permanente.
    Ces deux nouvelles puissances pourraient constituer, ensemble, un futur centre de gravité. Le monde entier doit repenser son industrie, son commerce et sa finance d’autant plus qu’un nouveau concept vient de faire son apparition, celui de « BRIC » pour les autres pays émergents qui risquent de troubler nos économies européennes, Brésil, Russie, Inde et Chine.

    HISTOIRE

    Un peu d’histoire pour expliquer le réveil du deuxième tigre de l’Asie : l’Inde. Au début du XVIIIème siècle l’Inde et la Chine représentaient chacune un quart de la production économique mondiale. L’Europe à la même époque représentait le même poids. La différence se fera après deux siècles de révolution industrielle en Europe. En 1950 l’Inde pèse 3,8 %, la Chine 5 % et l’Europe 30 %. Après la Chine, l’Inde se réveille. Sa croissance de 7 % à 8 % l’an devrait lui permettre de doubler le PIB de la France vers 2020 puis du Japon vers 2030 selon une étude de Goldman Sachs.

    Tombée en sommeil après son indépendance en 1947, l’Inde se met à bouger avec l’aide du FMI et même à rugir. Après plusieurs années de réforme, l’Inde décolle : privatisation, assouplissement de l’administration, accueil des sociétés étrangères, abaissement des barrières douanières, création de douze « zones économiques spéciales » à fiscalité réduite dont l’une à Bangalore qui se retrouve propulsée au rang d’ « Indian Silicon Valley » avec le succès qu’on lui connaît dans les services informatiques.

    Des groupes familiaux, anciens ou nouveaux font émerger une nouvelle bourgeoisie conquérante et brillante : Tata, Bharti, Infosys, Ranbaxy.

    L’économie indienne trouve sa place dans les services (50 % du PIB) et devient la championne mondiale de la sous-traitance des logiciels informatiques, des services bancaires et même médicaux.

    Après les services, l’Inde compte se développer dans le monde de l’industrie. Tout comme la Chine, l’Inde est un pays à plusieurs vitesses où la « Shining India » côtoie l’Inde traditionnelle paysanne et pauvre.

    Présentation de la future 3ème puissance économique mondiale
    (source : Mission économique de New Delhi / FMI )

    Chef de l’Etat : Abdul Kalam
    Premier Ministre : Manmohan singh
    Superficie : 3 291 000 km²
    Densité : 330 habitants / km²
    Population : 1,086 milliard d’habitants
    2ème population au monde dont 300 millions en zone urbaine
    35 villes au-dessus de 1 million d’habitants

    Croissance : l’économie indienne a affiché, au troisième trimestre de 2006, une croissance de 9,2 % sur un an,
    PIB : 854 milliards d’US $ en 2006, 933 en 2007,
    Niveau de vie : 720 US $ par habitant et par an,
    80 % de la population vit avec moins de 2 $ par jour ,
    385 millions de pauvres vivent avec moins de 1 $ par jour.

    LES GROUPES INDIENS

    Il y a quelques années, personne n’aurait supposé le rachat d’Arcelor par Mittal ni misé sur les conglomérats indiens. Aujourd’hui, les entreprises indiennes sont passées à l’offensive et le monde entier découvre qu’il faut compter avec l’Inde. Les acquisitions à l’étranger qui étaient d’environ 1 miliard de dollars en 2000 et de 4,5 milliards en 2005 dépassaient déjà 10 milliards sur les onze premiers mois de l’année 2006.

    Plus d’une centaine de groupes indiens ont une capitalisation de plus de 1 milliard US $.

    La valeur de la bourse de Bombay a plus que doublé au cours des deux dernières années.

    Les plus grandes industries en Inde sont appelées « Industrial house », on en compte une vingtaine : les trois plus importantes sont Reliance, Tata, et Birla. Elles sont souvent familiales et jouent un rôle primordial dans l’économie.

    Les groupes par grands secteurs d’activités :

    - Agroalimentaire et biens de consommation : Godrej, Hero, Hindustan Lever, Wadia, JK Singhania, Mahindra and Mahindra…

    - Industrie et énergie : Essar, Dr Reddy’s, Essel, Birla, Jindal , Tata, Steel Authority of India, ONCG...

    - Services financiers : SBI, Canara bank, Life Insurance, National Insurance...

    EXEMPLES D’INVESTISSEMENTS INDIENS A L’ETRANGER

    Cerexagri / UPL

    La société (UPL) United Phosphorus Limited a racheté à Arkema son activité agrochimie (Cerexagri).

    Mahindra et Mahindra

    Le leader indien des tracteurs et des véhicules utilitaires multiplie les acquisitions de fonderies en Europe (le britannique Stokes, les allemands Jeco et Schnoneweiss).

    Tata steel

    Tata Steel s’empare de l’anglo-neerlandais Corus pour 10,6 milliards d’euros et devient un géant mondial de l’acier.

    Hindalco

    Avec le rachat de Novelis (numéro un mondial des produits laminés en aluminium) Hindalco devient le numéro un mondial des produits laminés en aluminium pour l’automobile et l’emballage.

    Wipro

    Après le rachat de la société Newlogic, le groupe de Bengalore accélère ses positions en Europe et compte développer un pôle R et D à Sofia Antipolis.

    Vijay Mallya

    Après avoir échoué dans l’achat des champagnes Taittenger, le milliardaire indien Vijay Mallya du groupe United Breweries rachète les vins pétillants de Saumur.

    LA FRANCE ET L’INDE

    L’Inde fait partie des cinq pays cibles choisis par le gouvernement dans le cadre du plan Cap Expert lancé au début de l’année 2006. En effet, la présence des entreprises françaises sur le continent indien est faible. Avec 270 filiales implantées, la France ne représente qu’environ 2 % du flux total des capitaux étrangers investis en Inde depuis 2000. En ce qui concerne les échanges commerciaux on compte près de 3000 exportateurs français, mais la part de marché de la France ne dépasse pas 1,5 % soit 1,8 milliards d’euros. C’est donc le but de Cap Export de relancer le processus et d’amener 500 nouvelles PME françaises en Inde pour la période 2006-2008. Les grandes entreprises y sont déjà présentes et certaines depuis plusieurs années.

    NOS INVESTISSEMENTS EN INDE : 270 FILIALES, 2,7 % DES IDE

    - Agroalimentaire et biens de consommation : PERNOD RICARD, BONGRAIN, L’OREAL, CLAUDE TEZIER…
    - Aéronautique Défense : EADS, SAFRAN, THALES…
    - Services financiers : BNP PARIBAS, CALYON, SOCIETE GENERALE, AXA…
    - Autres services : ACCOR, SODEXHO, SDV, GEODIS, CMA CGM, EURO RSCG, BUREAU VERITAS, THOMSON.
    - Energie et environnement : (ALSTOM, AREVA, SCHNEIDER ELECTRIC, LEGRAND, GDF, TOTAL, SUEZ, VEOLIA, TECHNIP…)
    - Industrie (ST GOBAIN, LAFARGE, FIVES LILLE, VOSLOGH COGIFER, SIDEL, AIR LIQUIDE, RHODIA, ARKEMA, SANOFI, BIOMERIEUX, RENAULT, CARBONE LORRAINE, FAURECIA, ATEQ…)
    - Technologies de l’information : ALCATEL, ST MICROELECTRONICS, AXALTO, OBERTHUR, SAFRAN, CAP GEMINI, ATOS ORIGIN.

    QUELQUES EXEMPLES

    Accor

    Le groupe hôtelier s’est associé avec le promoteur immobilier de Dubaï Emaar properties et le promoteur indien MGF pour ouvrir une centaine de « Formule 1 ».

    Lafarge

    Lafarge confirme sa volonté de développement en Inde et remporte un appel d’offre pour la construction d’une cimenterie à Himachal Pradesh dans le nord de l’Inde.

    Renault

    En février 2005, Renault et le constructeur indien Mahindra avaient créé une coentreprise pour la fabrication de la Logan. La production initialement prévue a été revue à la hausse devant le boom du marché automobile indien.

    Etam

    Etam ouvre des boutiques mais essentiellement dans la lingerie pour démarrer.

    Virbac

    Le laboratoire pharmaceutique vétérinaire Virbac acquiert Agrivet Farm Care , la division vétérinaire en Inde du groupe Glaxosmithkline.

    CONSEQUENCES

    L’Inde change de vitesse. Après de nombreuses années de faible croissance, l’Inde confirme sa place de deuxième économie la plus dynamique derrière la Chine. Selon la banque HSBC, l’Inde est le marché le plus dynamique au monde en matière de création de richesse. L’industrie n’a plus rien à envier aux services : en juillet 2006 la production industrielle a fait un bond de 12,4 %. New Delhi a entrepris une politique macro-économique expansive.