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    La fish thérapie sera-t-elle bientôt réglementée ?

    13 May 2013
    Cette lettre est réalisée par : Valérie Belair, Géraldine Sourdot, Jacques Dugravier
    L'Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, demande une réglementation adaptée concernant l'activité des fish-spas, établissements où l'on propose des soins de pieds avec des poissons. Certains d'entre eux sont déjà interdits de publicité.

    Limiter le risque d'infection

    Le Garra rufa, que l'on trouve dans les eaux douces de Jordanie ou Syrie est utilisé depuis très longtemps pour ces vertus exfoliantes. Ce poisson docteur gomme la peau en suçant et mangeant les cellules mortes. Cette pratique se répand de plus en plus en France, dans les salons d'esthétique ou les spas.

    Tout établissement, proposant cette thérapie devrait avoir un certificat de capacité " élevage Garra rufa " et une autorisation d'ouverture, délivrés par le préfet. Ces dispositions relèvent du code de l'environnement, notamment de l'article L413-2 sur la détention et l'élevage des animaux d'espèces non domestiques. Selon l'Anses, sur la centaine d'établissements répertoriée en France, une dizaine serait conforme aux conditions légales d'ouverture.

    Actuellement, l'utilisation du Garra Rufa à des fins esthétiques ne fait l'objet d'aucune réglementation spécifique au titre du code de la santé publique, pour la protection des consommateurs. Le danger ne vient pas des poissons mais de l'eau assez chaude des bassins d'immersion des pieds, favorisant le développement des bactéries et mycoses. Certains usagers ayant des lésions cutanés, peuvent être source de risque d'infection plus importante.

    Pour les professionnels, les risques sanitaires sont associés à l'entretien et à la maintenance des aquariums.

    L'Anses juge donc indispensable une réglementation stricte sur cette activité : un personnel formé et qualifié, la traçabilité des lots et le contrôle sanitaire des poissons, l'information objective du public sur les dangers encourus lors de cette pratique, l'application de la réglementation relative à la faune sauvage captive.

    Depuis début mai, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a interdit, par décision au journal officiel, les publicités vantant la méthode de fish pédicure à plusieurs établissements en France. Elle estime " qu'aucun élément scientifique permet d'apporter la preuve de ces allégations ".