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    La start-up du mois : "NANOLIKE "

    07 novembre 2014

    Créée en mars 2012 par Jean-Jacques Bois et Samuel Behar, deux ingénieurs de recherche en nanosciences diplômés de l'INSA de Toulouse, Nanolike développe, dans ses locaux de la région toulousaine, des nano-capteurs capables de mesurer en temps réel de multiples variables simultanément.

    Le nanomètre comme unité de mesure

    Les fabricants de capteurs (thermocouples ou jauges de contrainte, par exemple) utilisent déjà la modification de la résistance électrique d'un conducteur en fonction de l'humidité, de la température ou de sa déformation. Ce phénomène physique est reproduit, chez Nanolike, à l'échelle atomique.

    Son dirigeant explique que, par l'assemblage d'atomes sous forme de nanoparticules, des fils sont formés. Une fois reliés à une connectique, les fils deviennent des nanocapteurs. L'entreprise a mis au point une technique permettant de déposer, de façon contrôlée, des nanoparticules d'or sur un substrat flexible. La variation de la résistance électrique lors de la déformation, du fait des variations de distance induites entre les particules permettra de créer une jauge de contrainte non seulement ultra-sensible, mais également très peu gourmande en énergie.

    Tapisser une aile d'avion

    Les créateurs de Nanolike ont eu l'idée de mettre au point un film composé de plusieurs milliers de ces nanocapteurs, comme un " papier peint " que l'on collerait sur le fuselage ou sur l'aile d'un avion, pour enregistrer et transmettre les contraintes subies. L'épaisseur de l'ordre de 50 micromètres du film aura l'avantage de ne pas perturber l'écoulement de l'air, ce qui est essentiel dans le secteur aéronautique.

    Ne nécessitant pas de salle blanche, ils devraient être plus simples à fabriquer que les capteurs à base de MEMS (microelectromechanical systems). Ils seront beaucoup moins volumineux et disposeront d'une meilleure sensibilité aux paramètres physiques mesurés. Et surtout, ils consommeront beaucoup moins d'énergie, d'un facteur de réduction de l'ordre de 1000, par rapport aux capteurs existants.

    Un marché en forte expansion

    Nanolike dispose d'une avance indéniable sur ce secteur en forte croissance. Estimé à 13 millions de dollars en 2014, le marché mondial des nanocapteurs devrait atteindre 485 millions de dollars en 2019, selon la société d'études spécialisée NanoMarkets.

    En 2016, Intechno Consulting prévoit que les plus gros segments du marché mondial des capteurs seront les technologies de l'information et de la communication (22,9 %), l'industrie des transports (22,8 %), le secteur du bâtiment (18,1 %) et les machines industrielles (9,7 %). Le chiffre d'affaires généré par les marchés civils uniquement devrait atteindre 180 milliards d'euros dans le monde, à cette date, toujours selon le cabinet.

    L'argent, nerf de la guerre

    La société compte déjà six personnes et doit se lancer à l'assaut des marchés. Samuel Behar indiquait en mars 2014 que l'entreprise vise ses premières ventes dans le courant de l'année, auprès des fabricants de capteurs de poids, de force ou de débit notamment. Mais, à moyen terme, Nanolike souhaite aborder le secteur aéronautique et spatial.

    Mais pour se lancer et passer avec succès la phase d'industrialisation, elle doit d'abord obtenir une levée de fonds de plusieurs centaines de milliers d'euros.

    Cette lettre est réalisée par : Denis Kientz, Jacques Dugravier, Pierre-louis Passalacqua

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