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    La startup du mois : GoSense

    09 septembre 2019

    Créée en janvier 2015, GoSense conçoit des équipements d'augmentation sensorielle pour l'aide aux personnes en situation de handicap visuel. Elle a notamment développé un " bouclier virtuel intelligent " qui vient se positionner sur tout type de canne blanche. L'appareil va émettre un son qui permet, grâce à un effet 3D, de positionner l'obstacle sur le parcours de la personne malvoyante.

    Remplacer la vue par l'ouïe

    L'appareil, doté de capteurs 3D de l'environnement et d'une technologie de réalité augmentée sonore, permet à son utilisateur de percevoir, par un son qui le localise, la présence d'un obstacle. Ce bouclier virtuel protège une surface équivalente au corps humain. La solution permet également, grâce à une application GPS piéton communautaire, de connaitre sa position dans une ville. Enfin, il permet d'accéder en temps réel à l'horaire des transports en commun à proximité. L'équipement permet ainsi à son utilisateur de se déplacer dans des environnements inconnus, seul et en sécurité. Un inconvénient tout de même, son prix de plus de 800 euros qui devrait toutefois baisser, si l'appareil trouve son marché.

    L'application GPS communautaire peut également être utilisée seule pour s'orienter en ville grâce à des retours sonores spatialisés, permettant de percevoir l'environnement en toute simplicité grâce à un smartphone.

    Deux amis d'enfance

    Les deux cofondateurs de l'entreprise, Hugues de Chaumont, formé à l'entreprenariat à l'EMLyon, et François Birot, directeur scientifique, sont amis depuis l'enfance. Aucun des deux n'est issu du monde du handicap, mais ils ont une philosophie qui place l'utilisateur final au centre de la conception de leurs produits. François Birot déclare que, à son avis, concevoir de A à Z un produit innovant et disruptif pour améliorer la vie de personnes handicapées est le beau challenge que l'on puisse relever.

    La déficience visuelle, un handicap qui isole

    Il y a, en France, près de 1,7 million de personnes qui sont atteintes d'un trouble de la vision, dont 207 000 aveugles, c'est-à-dire des personnes n'ayant aucune perception de la lumière et des malvoyants profonds dont la vision résiduelle est limitée à la distinction de silhouettes. Plus de 900 000 personnes sont dites malvoyants moyens avec une incapacité visuelle sévère. Elles ne peuvent distinguer un visage à 4 mètres et la lecture leur est impossible. Dans le monde, plus de 285 millions de personnes sont atteintes de cécité totale et de malvoyance.

    Les déficients visuels déclarent des difficultés dans les différents domaines de la vie quotidienne et notamment concernant les déplacements à l'extérieur. Près d'un déficient visuel sur deux (46%) déclarent une incapacité sévère concernant la mobilité et les déplacements et 38 % pour simplement sortir de leur domicile. S'il existe des obligations pour améliorer l'accessibilité des lieux publics, la première difficulté pour les déficients visuels reste simplement de pouvoir accéder à ces lieux.

    De nombreuses récompenses pour saluer l‘innovation

    En février 2019, GoSense a remporté le Trophée de l'Innovation décerné par C.A.P.'TRONIC, lors de la journée " Cap sur l'Innovation ". En 2018, l'entreprise a été lauréate de l'Observeur du design récompensé par l'INPI, démontrant ainsi que l‘innovation pouvait également être esthétique. Et déjà en 2017, le prix spécial accessibilité de Paris 2024 lui avait été attribué et elle devrait être chargée de rendre accessible les prochains jeux paralympiques et olympiques en France.

    En juillet 2018, elle a soutenu le défi que s'est lancé Alban Tessier, enseignant dans un institut pour déficients visuels et atteint de rétinite pigmentaire, une maladie dégénérative de la vision menant jusqu'à la cécité. Son " Projet Uyuni " avait pour objectif de sensibiliser à la déficience visuelle et de contrer les préjugés. Sportif aguerri, Alban a traversé à pied, seul et en autonomie, à 3800m d'altitude, le Salar Bolivien de Uyuni, le plus vaste désert de sel au monde. La traversée a duré 7 jours sur 7 étapes pour un total de 140 kilomètres, en tirant une charge de 55 kilos contenant les vivres et l'équipement.

    Cette lettre est réalisée par : Denis Kientz, Stéphane Chen

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