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    La startup du mois : Grapheal

    09 mars 2020

    Créée en avril 2019, Grapheal développe un pansement qui, grâce aux propriétés du graphène, pourrait permettre aux personnes souffrant de diabète et aux personnes âgées de ne plus risquer une amputation en raison d'une simple plaie mal soignée. La couche de nanomatériau, grâce à des propriétés bio-stimulantes, accélère la cicatrisation pendant que l'électronique intégrée analyse l'état de la peau en continu pour prévenir d'une éventuelle infection.

    Un pansement intelligent et connecté

    Grapheal, correspondant à l'association du mot graphène et de " healing ", a donc conçu un pansement qui, par la couche de graphène appliquée comme un vernis sur un polymère de plastique en contact avec la peau et des capteurs connectés, permet de mesurer, en permanence, l'évolution de la cicatrisation. Cette évolution peut être suivie par l'intermédiaire d'une application sur smartphone et l'électrostimulation apportée par le graphène va accélérer le processus de cicatrisation.

    Le pansement est doté d'une micro-puce en graphène et a pour but d'aider les personnes souffrant de plaies chroniques, notamment les diabétiques et les personnes âgées. Pour ces personnes dont la capacité de cicatrisation est amoindrie, une plaie peut souvent devenir inflammatoire. Au lieu de prendre 6 semaines, durée moyenne d'une cicatrisation complète, celle-ci va s'interrompre et la plaie va générer des infections qui entraînent, dans de rares cas, l'amputation d'un membre. Selon la Haute Autorité de Santé, une plaie est considérée comme chronique après 4 à 6 semaines d'évolution, selon son étiologie. Les causes de plaie chronique incluent notamment les ulcères de jambe, les escarres, les plaies du diabétique et les moignons d'amputation. 100 000 personnes souffrant de diabètes sont admises chaque année aux urgences en France pour traiter une plaie. Dans 10 000 cas par an, ces plaies chroniques se terminent par une amputation.

    Le graphène, un matériau aux propriétés multiples

    Le graphène est un matériau obtenu à partir du graphite. Les atomes de carbone qui le composent sont arrangés selon un motif hexagonal, un peu à l'image d'un ballon de football aplati. Il a notamment la propriété de pouvoir être produit sous la forme d'un feuillet dont l'épaisseur n'est que d'un seul atome de carbone. Sous cette forme de feuillet, il est transparent, souple, non toxique et très bon conducteur. Il est également très résistant à la traction, jusqu'à 200 fois plus que l'acier. Découvert en 1947 et isolé il y a 15 ans, sa production de masse est possible depuis une dizaine d'années seulement. Il trouve, grâce à ses propriétés considérées comme très prometteuses, des applications dans l'électronique où il pourrait remplacer le silicium, dans les écrans tactiles, les cellules de panneaux solaires, la mécanique quantique et peut-être dans les futurs ordinateurs quantiques.

    Vincent Bouchiat, PDG de Grapheal et physicien de formation, s'intéresse très tôt à ce matériau et, au sein de son laboratoire du CNRS, pendant plus de 5 ans, a recherché le moyen d'utiliser le graphène dans un pansement. Lors de ses recherches, il remarque que la modification du taux d'acidité d'une plaie influe sur la résistance électrique du graphène et peut être un traceur de l'évolution de la cicatrisation.

    Des trophées et les premiers essais cliniques en 2020

    L'entreprise, bien que très récente, a déjà remporté le prix " Start Up " lors des Innotrophées en juin 2019. En novembre 2019, elle obtient le troisième prix du concours de start-up EDF-Pulse, et un apport de 30 000 euros.

    Dès cette année 2020, l'entreprise, qui est toujours hébergée au sein de Linksium, la Société d'Accélération du Transfert de Technologies associée au CNRS de Grenoble, va lancer les premiers essais cliniques, les premiers tests in vitro ayant été finalisés. Des tests sur des personnes saines seront tout d'abord réalisés, suivi par des mesures sur des patients diabétiques. Si cette procédure démontre l'intérêt de la solution, le pansement intelligent, dont le coût unitaire pourrait s'élever à moins de 10 euros, pourrait être généralisé dans les structures d'accueil médicalisées, les EHPAD et pour l'hospitalisation à domicile.

    Mais les fonds nécessaires pour réaliser ces essais doivent d'abord être trouvés, avec un besoin de financement d'au moins 350 000 euros pour débuter.

    Cette lettre est réalisée par : Denis Kientz
    , Stéphane Chen
    , Pierre-louis Passalacqua

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