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    La startup du mois : Mensia Technologies

    30 août 2018

    Créée en octobre 2012, Mensia Technologies a conçu un dispositif médical pour l'aide au traitement du Trouble Déficit de l'Attention/Hyperactivité (TDAH). Utilisable à domicile par la famille, sous prescription et supervision médicale de spécialistes, cet équipement de neurofeeback, unique au monde, est composé d'un logiciel de réentrainement de l'activité cérébrale en temps réel, d'un bonnet d'électroencéphalographie et d'une tablette proposant des jeux thérapeutiques interactifs. Lorsque le patient joue, il apprend à focaliser son attention et contrôle la progression de ses apprentissages selon ses ondes cérébrales personnelles.

    Soigner en analysant les informations émises par le cerveau.

    Le TDAH est un trouble neuro-développemental dont les symptômes se manifestent durant l'enfance par des difficultés d'attention, une grande impulsivité et une hyperactivité. Mais, en dehors du monde médical, l'hyperactivité est souvent associée à des enfants turbulents, difficiles à encadrer et dont le comportement peut parfois aller jusqu'à les écarter du système scolaire classique. Selon une étude citée par l'Association HyperSupers – TDAH France, 3 à 5% des enfants en âge scolaire souffriraient de ce trouble qui impacte significativement le fonctionnement scolaire, relationnel et familial de l'enfant. Mensia estime, pour sa part, que cela représente en moyenne un enfant par classe.

    Yann Renard, l'un des co-fondateurs, explique que les interfaces cerveau-ordinateur peuvent aider à mieux maîtriser le fonctionnement cérébral, que ce soit pour des raisons médicales, de bien-être ou d'amélioration de performance.

    Technologie grand public et open source

    Les analyses des ondes éléctro-encéphalographiques nécessitaient, il y a encore quelques années, la pose d'électrodes contraignantes et un processus fastidieux pour qu'elles produisent un résultat utile. Pour démocratiser sa solution, Mensia a utilisé un casque du même type que ceux développés par Emotiv Systems et permettant le contrôle d'un jeu sur ordinateur par la seule volonté. Destiné au grand public, ce type d'interface neuronale directe a l'énorme avantage de ne coûter que quelques centaines d'euros. " Moins chers et plus pratiques. C'est exactement ce genre d'appareils sur lequel nous parions ", résumait simplement Yann Renard. En ce qui concerne les technologies logicielles, le choix s'est porté sur OpenViBE. Cette plateforme open source est l'un des outils de référence au sein de la communauté du BCI (brain computer interface) et permet le développement d'applications autour du traitement en temps réel des signaux cérébraux.

    Un financement européen pour démontrer son efficacité

    Mensia fait le pari que cette nouvelle technologie peut aider à un traitement, aujourd'hui principalement basé sur un médicament, le méthylphénidate. Financée par l'Union européenne dans le cadre de Recherche Innovation Horizon 2020, l'étude Newrofeed évalue ce dispositif dit de " neurofeedback ", c'est-à-dire le renvoi de l'activité cérébrale enregistrée par électro-encéphalogramme via une application sur tablette. Récemment, Jean-Yves Quentel, CEO de Mensia, déclarait : " Voilà 10 années d'efforts en recherche et développement en neurosciences et algorithmes de traitement du signal couronnées par 4 brevets et cette étude clinique. Toute l'équipe Mensia est très fière de pouvoir bientôt proposer à 330 000 familles concernées en France, une nouvelle approche thérapeutique non médicamenteuse de ce trouble. "

    Une reconnaissance dès sa création

    Dès 2012, Mensia Technologie a fait partie des lauréats du Concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes organisé par le ministère de la Recherche. Pour financer son développement technologique et commercial, l'entreprise avait levé 300 000 euros auprès d'un de ses actionnaires, IT Translation Investissement, un fonds d'essaimage associé à l'Inria de Rennes dont Mensia est elle-même une spin-off.

    Elle vient d'annoncer une nouvelle levée de fonds d'un montant de 1,3 million d'euros. Aux côtés des actionnaires historiques également participants à ce second tour, le business angel lyonnais HARA rentre au capital, accompagnée par la BPI de Rennes.

    Cette lettre est réalisée par : Denis Kientz, Stéphane Chen

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