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    La startup du mois : Prophesee

    10 décembre 2019

    Créée en février 2014, Prophesee conçoit des systèmes de vision qui s'inspirent du fonctionnement de l'œil et du cerveau grâce à ses capteurs et ses algorithmes d'intelligence artificielle. Après avoir développé une solution visant la restauration de la vue pour les personnes malvoyantes, elle cible les marchés des véhicules autonomes, de l'industrie 4.0 et des objets connectés.

    Une technologie disruptive pour imiter l'œil humain

    Positionnée dans les startups de la " deeptech ", terme définit par Bpifrance pour évoquer des projets portés par des entreprises qui innovent en repoussant les frontières technologiques, Prophesee développe des solutions disruptives qui pourraient révolutionner la vision artificielle. Imitant l'œil et le cerveau humain, elle permet aux machines de traiter des informations visuelles à une vitesse inégalée, équivalente à 10.000 images par seconde. Sa première solution commercialisée est une rétine en silicium fabriquée en collaboration avec Pixium Vision, permettant de concevoir des systèmes de restauration de la vue.

    En France, on dénombre plus de 200 000 malvoyants profonds et presque un million de malvoyants moyens. Et l'OMS estime que 253 millions de personnes présentent une déficience visuelle dans le monde. La solution développée par Prophesee est évidemment une immense source d'espoir pour tous les malvoyants.

    La recherche française se rassemble pour développer de nouvelles technologies

    De nombreuses startups sont issues de la recherche fondamentale ou appliquée et cette liaison entre la recherche et l'industrie est un facteur essentiel dans le développement de nouvelles technologies et notamment dans les technologies de rupture. Prophesee en est un bel exemple.

    La société est une "spin off" d'un centre de recherche, l'Institut de la Vision qui regroupe des chercheurs de l'Inserm, du CNRS et de l'Université Pierre et Marie Curie. Le fondateur, Luca Verre, d'origine italienne, après une formation d'ingénieur au Politecnico di Milano et à l'Ecole centrale de Lyon, passe 6 années dans l'industrie chez Schneider. Puis, ayant pris la décision de créer sa société, il obtient un MBA à l'INSEAD. Sa rencontre avec Ryad Benosman et Christoph Posch, respectivement maître de conférence et Professeur à l'UPMC au sein de l'Institut de la Vision, spécialistes de la vision neuromorphique, est à l'origine de Chronocam et le développement d'une caméra asynchrone qui ne prend en compte que les évènements changeant pixel par pixel (event-based camera).

    Les véhicules autonomes, un nouveau marché pour Prophesee

    L'entreprise a annoncé, en début d'année 2019, l'implantation d'un centre de recherche et développement à Grenoble, au sein de la " French Imaging Valley ". Ce centre d'excellence comptera, à terme, une quinzaine d'ingénieurs dont l'objectif est d'intégrer la technologie de Prophesee au cœur des systèmes de véhicules autonomes.

    Elle vise également d'autres marchés dont l'automatisation industrielle, la sécurité, la robotique, les drones ou encore la surveillance de sites sensibles. Tous ces secteurs ont en commun la nécessité de visualiser leur environnement pour générer une action ou réagir en conséquence.

    Un apport conséquent de l'Europe pour se développer

    En octobre 2019, la société a annoncé une levée de fonds de 25 millions d'euros. Ce cinquième tour de table, elle avait déjà bénéficié de plusieurs apports dont un de près de 17 millions d'euros en 2018 auprès de 360 Capital Partners, Supernova Invest, iBionext Growth Fund, Intel, Renault et Robert Bosch, porte ainsi son financement global à plus de 60 millions. Une grande partie de la somme est constituée par un prêt de la Banque européenne d'investissement à travers le " European Growth Finance Facility " (EGFF). Ce fonds européen, créé par le " plan Junker ", permet à la BEI de prêter des fonds à des sociétés en forte croissance ayant besoin d'investir dans la R&D avec un objectif de revenus importants, à terme.

    Qu'il s'agisse de véhicules autonomes, de robotique, de drones, d'automatisation industrielle ou encore d'objets connectés, les fonds seront utiles pour accélérer la phase de déploiement de la quatrième génération de capteurs dans les secteurs ciblés par la startup.

    L'entreprise emploie une équipe de 60 ingénieurs et dispose d'un portefeuille d'une vingtaine de brevets internationaux.

    Cette lettre est réalisée par : Denis Kientz, Stéphane Chen, Pierre-louis Passalacqua

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