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    L'air intérieur dans les écoles sous surveillance

    13 April 2012
    Une étude de l'INSERM, publiée fin mars, réalisée dans plus de 108 écoles primaires et 6 villes françaises, montre que "30% des enfants sont exposés à des niveaux de polluants de l'air intérieur des classes supérieurs aux valeurs guides de l'OMS et de l'ANSES".

    Objectifs et résultats de l'étude

    L'étude a été conduite par l'équipe d'Isabella Annesi-Maesano de l'unité mixte "Épidémiologie, systèmes d'information, modélisation" (Inserm/UPMC) sur 6 590 enfants scolarisés, âgés d'environ 10 ans. L'objectif était d'évaluer la relation entre la mauvaise qualité de l'air intérieur et la santé allergique et respiratoire des enfants des écoles françaises.

    Les chercheurs ont analysé pendant une année scolaire les concentrations de différents polluants atmosphériques : les particules fines de diamètre inférieur à 2,5 micromètre, le dioxyde d'azote et 3 aldéhydes (formaldéhyde, acétaldéhyde et acroléine). Ils ont également étudié les signes cliniques des enfants grâce aux données recueillies lors d'une visite médicale comportant aussi un test cutané aux 11 allergènes les plus communs.

    Les résultats démontrent que «l'exposition à des concentrations élevées de particules et composés organiques volatils est associée à une augmentation de la prévalence des signes cliniques de l'asthme et des rhinites chez les enfants scolarisés. Les enfants sujets aux allergies semblent les plus à risque».

    Un nouveau dispositif réglementaire

    En France chez les enfants de moins de 15 ans, 10% des garçons et 6 % des filles ont déjà eu de l'asthme. Le nombre de personnes asthmatiques ne cesse d'augmenter.

    La qualité de l'air intérieur dans les milieux scolaires est un engagement de la loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 (Loi grenelle 2). La surveillance de la qualité de l'air intérieur est obligatoire dans certains établissements recevant du public sensible : les établissements d'accueil collectif d'enfants de moins de six ans les centres de loisirs, les établissements d'enseignement et certains établissements sanitaires et sociaux.

    L'entrée en vigueur de ces dispositions sera progressive entre 2015 et 2023. La surveillance «doit être réalisée tous les sept ans par le propriétaire ou l'exploitant de l'établissement, au moyen d'une évaluation des systèmes d'aération et d'une campagne de mesure des polluants, conduites par des organismes accrédités. Les personnes fréquentant les établissements concernés sont tenues informées des résultats de ces évaluations et mesures. En cas de dépassement des valeurs de référence, le propriétaire ou l'exploitant se doit de faire réaliser une expertise afin d'identifier les sources de pollution et d'y remédier. A défaut, cette expertise peut être prescrite par le préfet, aux frais du propriétaire ou de l'exploitant. »

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    Cette lettre est réalisée par : Valérie Belair, Muriel Doyen, Géraldine Sourdot