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    Netflix : tempête dans l'audiovisuel ?

    09 septembre 2014

    L'arrivée le 15 septembre prochain de Netflix, service de vidéo à la demande sur Internet, avec films et séries TV à discrétion moyennant abonnement, va chambouler la donne du paysage audiovisuel et du marché publicitaire français. Atouts et obstacles à l'expansion de ce géant.

    Un nouveau poids lourd de l'audiovisuel

    Netflix représente plus de 50 millions d'abonnés dans 40 pays dans le monde. C'est un réservoir de séries TV et films, produits par Netflix* ou non, visionnables à toute heure. Pour seulement 8 à 12 euros par mois, sans engagement, les contenus seront disponibles en streaming depuis un PC, Mac, smartphone, tablette, TV connectée, Wii, console de jeu Xbox... Avec une personnalisation très poussée des offres ; les algorithmes et le big data permettent d'affiner progressivement celles-ci en fonction de la consommation de l'abonné. Dans le Figaro du 1er septembre 2014, Reed Hastings, son PDG a fait part de sa volonté d'obtenir une part de marché d'environ 10 % des foyers français rapidement, puis à plus long terme d'1/3 de ceux-ci. On pourrait dire que la société ambitionne de devenir en télévision ce que Deezer ou Spotify sont à la musique. Aux Etats-Unis, c'est un plein succès. Pour les amateurs de séries, c'est aussi la possibilité de consommer un épisode ou plusieurs en continu, sans publicité. Netflix à coup sûr comme aux USA séduira une clientèle jeune déjà fort détournée des médias traditionnels.

    L'équilibre du paysage audiovisuel et du marché publicitaire chamboulé

    Selon une étude de Paris Tech parue le 2 septembre 2014 dans les Echos, l'arrivée de ce mastodonte devrait ébranler le système audiovisuel et cinématographique français protégé jusqu'ici par une forte réglementation. Le PAF est mal préparé de ce fait à la concurrence internationale de nouveaux acteurs mondiaux. Les diffuseurs français sont soumis à des contraintes de production notamment. Ils réclament une révision de la législation et demandent de l'étendre à ce type d'acteurs. Ce qui est au minimum complexe. Pour l'instant, si Netflix affiche sa bonne volonté en la matière (il lancera une série intitulée Marseille), il n'est pas tenu juridiquement de le faire. Par ailleurs, qui dit fragmentation de l'audience accrue, dit aussi baisse attendue de recettes publicitaires pour les opérateurs historiques, celles-ci ayant déjà été entamées par l'arrivée de la TNT. Au-delà de l'intérêt économique des chaînes historiques, il est vrai qu'à terme, c'est la production et la diversité du choix du téléspectateur qui est en jeu ; en raison des prix cassés, les opérateurs craignent la constitution d'un monopole.

    Les obstacles

    Bien sûr il y a quelques freins à cette expansion. Le prix modique de l'abonnement ne donnera pas forcément accès à des contenus toujours qualitatifs et récents. Aux USA, le catalogue Netflix a des lacunes dans l'éventail des films proposés, parfois même dans celui des séries. Toutefois, le prix très compétitif de l'abonnement fera sans doute oublier cet inconvénient à de nombreux jeunes consommateurs. Par ailleurs, il existe déjà des concurrents sur le marché français comme Canalplay (groupe Canal +). Autre handicap et de taille : il n'y a pas encore eu d'accord avec les opérateurs Internet (Free, Orange, SFR, ...). En effet selon eux, la rémunération des opérateurs proposée par Netflix est insuffisante. Or la consommation TV par le moyen des box est devenue un des modes de consommation majeur en France. Un accord sera-t-il trouvé par la suite ?

    Quoiqu'il en soit, l'arrivée de ce nouvel acteur va redistribuer les cartes du paysage audiovisuel ainsi que celle du marché publicitaire.

    *House of cards, la célèbre série, est une production Netflix.

    Cette lettre est réalisée par : Michel Logerot, Géraldine Sourdot