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    Pékin 2008 : les jeux olympiques

    13 novembre 2006

    Un slogan : « Un monde, un rêve ». Ce nouveau rendez-vous des jeux olympiques représente la plus grande rencontre entre l’Ouest et l’Est. Il aura fallu attendre un siècle pour que les jeux olympiques fassent halte au cœur de l’Extrême Orient et permette à la Chine de se révéler aux yeux des occidentaux.

    En Chine, entre numérologie ( science du choix des nombres et des dates) et le feng shui (gestion des lieux et des objets pour l’obtention d’ une situation maximale) rien n’a été laissé au hasard. Le stade de Chine sera inauguré le huitième jour du huitième mois de 2008 à 8 heures du soir. Le 8 étant le symbole absolu de la prospérité.

    Les jeux olympiques représentent des enjeux économiques et financiers très importants. Outre l’héritage social, les JO laisseront aussi à Beijing et à la Chine, des stades, de multiples infrastructures, un nouvel aéroport, de nouvelles lignes de métro, de nouvelles routes…

    Pour s’y préparer les chinois ont mis en place d’importants moyens :

    - L’organisation en octobre dernier du 5ème forum mondial sur le sport, l’éducation et la culture.

    - La mise en place d’une campagne d’informations sur le thème de l’hospitalité, à l’aide de fascicules et de vidéos et du slogan : « Embrassez l’esprit des jeux olympiques, améliorez vos manières et contribuez à une meilleure ambiance ».

    - Le déploiement d’un important programme autour de l’éducation olympique avec des conférences pour professionnels et universitaires, des livres de classes, des programmes de télévision éducatifs, des émissions de radio, des articles de presse, une formation internet… Et surtout la formation de 100 000 volontaires.

    Maintenant parlons chiffres :

    - Une facture de 30 milliards d’euros pour l’ensemble des opérations et cela grâce à une main d’œuvre bon marché.

    - Le stade de 100 000 places à structure « nid d’oiseau » mélangeant poutrelles, verre et béton rouge baiser par les suisses Herzog et de Meuron (architectes de la Tate Modern à Londres) n’a coûté que 250 millions d’euros, (dix fois moins cher qu’en occident) et mobilisé 17 000 ouvriers.

    - Le fabuleux stade nautique cube d’eau n’a pas excédé 80 millions d’euros.

    - La création de 718 kilomètres de voies express, de 100 kilomètres de lignes de train et de métro, un terminal d’aéroport conçu par Norman Foster, des stations d’épuration des eaux usées, le déménagement de 200 entreprises polluantes, des centaines de milliers d’habitants déplacés…

    - 7 millions de billets prévus et vendus par plus de 18 000 employés et bénévoles.

    - Une présence médiatique de plus de 21 600 personnes accréditées, 16 000 par la presse audiovisuelle et 5600 journalistes de presse et photographes de 200 pays.

    - Selon le CIO, le programme marketing « TOP VI » annonce 866 millions de dollars de revenus, soit 45 % de plus que pour les quatre années précédentes.

    Beijing 2008 sera l’occasion pour les grands groupes internationaux de se faire connaître en Chine et pour les fabricants chinois de produits de grande consommation de basculer d’une image de manufacturier, à celle de marque internationale à l’instar de Li-Ning, le Nike chinois.

    Lenovo qui a racheté les PC d’ IBM l’année dernière compte sur cet événement pour développer son image de marque et sa notoriété tout comme Haier décidé à devenir le leader mondial du marché des produits blancs (électroménager).

    Les entreprises chinoises ont été pressées par Pékin pour s’impliquer dans le sponsoring afin de réduire la présence des partenaires officiels légendaires comme Coca Cola…

    Adidas aurait déboursé 62 millions d’euros pour être l’équipementier officiel de Beijing 2008 et compte ouvrir en Chine trois magasins tous les deux jours pour parvenir à 5000 en 2010 et y porter son chiffre d’affaires à plus d’un milliard d’euros.

    En France, quel a été l’impact des jeux de Beijing sur les sociétés?

    Décrocher un contrat par les Jeux Olympiques s’avère d’une complexité impressionnante. Au départ le BOCOG, le Comité d’organisation des JO, vérifie la concordance avec le cahier des charges olympiques puis La Beijing Construction Engineering Company supervise les différents chantiers. Une fois ces épreuves réussies, un contrat doit être signé avec le propriétaire du lieu ou se déroulent les compétitions. Les conditions de réussites reposent avant tout sur les relations et une bonne participation au sponsoring des jeux.

    Face à ces difficultés, les entreprises francophones ont eu du mal à intégrer le marché « fermé des JO ».
    Cependant quelques unes ont réussi à franchir toutes les épreuves non sans difficultés :

    CHINPASS

    Créée en 2005, Chinpass a pour but de faciliter les échanges entre chinois et français (face à face + e learning). Sa pédagogie (face à face + e learning) adaptée aux professionnels hyperactifs lui a valu d’être choisie pour former les athlètes français qui partiront aux JO de Beijing.

    DIRICKX

    En 2001, le fabricant des clôtures de la Mayenne ouvre un bureau de représentation à Pékin et le transforme en filiale Dirickx China. En 2004 Dirickx ouvre un site de production de 8000 m².Aujourd’hui la société est en train d’aménager une extension de 6000 m² à 55 km de Pékin.

    Le groupe compte 1200 personnes dont 120 en Chine et a réalisé en 2005 un chiffre d’affaires de 143,5 millions d’euros.

    Sa présence en Chine et son savoir faire lui ont permis de décrocher un contrat de partenariat avec le comité d’organisation chinois (BOCOG) pour l’installation de clôtures aux couleurs olympiques sur l’autoroute qui mène de l’aéroport au centre ville et également la clôture de l’Olympic Garden au nord du village olympique.

    GRAS SAVOYE

    Le premier groupe de courtage d’assurance français qui depuis les jeux d’Albertville est devenu expert en matière de gestion des risques sportifs a du batailler dur pour décrocher son contrat avec le BOCOG. Depuis novembre 2005, c’est Gras Savoye qui assure Pékin 2008.

    HYDROSTADIUM

    Filiale d’EDF et spécialiste en ingénierie de parcours d’eau vive, Hydrostadium confirme son engagement olympique (après Sydney et Athènes) avec le stade d’eau vive de Beijing pour les JO de 2008.

    La société a rempli une première mission de conception et devait avoir également une mission d’assistance sur le chantier mais le BOCOG a préféré qu’Hydrostadium ne soit pas présent pour la construction.

    En effet de plus en plus les chinois pensent qu’ils peuvent nous copier et ne font appel à l’extérieur que sur des domaines très pointus.

    ECA 2

    Les cérémonies d’ouverture et de clôture des JO de Pékin seront confiées au réalisateur chinois Zhang Yimou (Epouses et Concubines, le Secret des poignards volants…).

    Pour l’assister, Steven Spielberg agira à titre de consultant avec l’australien Richard Birch et Yves Pepin de l’agence française ECA2, filiale de Publicis Events Worldwide. Les premières réunions ont démarré en août dernier et un projet devrait être remis en décembre.

    FIELD TURF TARKETT

    La société Fieldturf Tarkett est née de la fusion entre deux entreprises industrielles. Fieldturf, entreprise québécoise spécialisée dans la pelouse synthétique et Tarkett, entreprise française de revêtement de sols sportifs.

    Cette entreprise est devenue leader mondial dans la production de gazons synthétiques, ce qui lui a permis de signer avec la Fédération chinoise de football en février dernier, un contrat concernant le revêtement des sites d’entraînement de football. Pour obtenir ce marché, la société a d’abord pris contact avec une entreprise d’Etat : la Sport China Group, c’est par le biais de ce contrat chinois que la société a convaincu la Fédération.

    DASSAULT/SVE

    Dassault mise sur la Chine et peut être sur un contrat pour les JO. Serge Dassault a signé un accord avec le conglomérat d’Etat, China Citic Group, et le gouvernement de Mongolie intérieur sur un projet de véhicule électrique et véhicule propre. La Chine a l’ambition de réaliser des Jeux Olympiques avec un air pur à Pékin d’où le besoin de disposer de 500 à 1000 taxis à disposition des visiteurs et n’a pas encore trouvé le fournisseur idéal car au départ elle misait sur des voitures à hydrogène et apparemment il y aurait des problèmes techniques.

    « Un monde, un rêve » qu’en est-il exactement de la vraie Chine et de Pékin à la veille de ces Jeux Olympiques?

    La Chine avance à une telle vitesse qu’elle ne peut ou ne veut résoudre tous les problèmes qui heurtent le monde occidental : 

    - Censure de la presse : la presse chinoise entend se servir des JO de Pékin pour marquer des points entre la complexité de la censure.

    - Peine de mort : le premier juge chinois appelle les tribunaux à la mesure.

    - Accidents du travail : il y a eu en Chine 53000 accidents du travail en octobre, dont 9000 mortels. Notamment dans les mines chinoises réputées les plus dangereuses du monde.

    - Pollution : Pour le seul mois de septembre, la Chine a vu ses importations d’or noir augmenter de 24 % et cherche à renforcer l’utilisation de gaz moins polluant. La Chine est le premier émetteur mondial de dioxyde de soufre (25,49 millions de tonnes). Au cours des deux derniers mois, la Chine a approuvé 44 projets « propres » dans le cadre du protocole de Kyoto, qui se traduiront par une baisse annuelle de 17 millions de tonnes des émissions de CO2.

    - Migration : 150 millions de migrants soit 11,5 % de la population totale qui quittent les campagnes à la recherche de travail dans les villes. Cette population constitue une main d’œuvre extrêmement sous payée et défavorisée et sans aucune couverture. Les migrants jouent un rôle déterminant dans la croissance chinoise et la compétitivité de certaines industries. A Shanghai en 2005 ils constituaient un tiers de la population.

    - Quant à la ville de Pékin elle a encore beaucoup à faire pour offrir au monde entier une image de ville propre dans tous les sens du terme.

    - La capitale chinoise a été retirée par l’Académie des sciences sociales chinoises du palmarès des deux villes les plus agréables de Chine.

    - Les loyers sont exorbitants.

    - Une dégradation de l’environnement vertigineuse, 80 % des épisodes pluvieux ont été acides à cause du rejet des usines, des centrales thermiques et des voitures.

    - Un parc automobile qui croit de 1000 voitures par jour.

    - Un million d’ouvriers migrants employés sur les chantiers dont « on » souhaite se débarrasser une fois les travaux terminés.

    Pékin envisage un plan d’assainissement de la ville englobant fermeture d’usines, de mines, restriction sur la circulation automobile et mise à l’écart des indésirables…

    Avec ce plan Pékin espère répondre aux questions les plus problématiques pour la ville dans sa préparation des JO d’été 2008.