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    Pétrole : les prix menacés par l'escalade de tensions dans le Golfe

    31 juillet 2019

    Alors que les tensions au Moyen-Orient ravivent les craintes d'une hausse des cours de l'or noir, la cotation moyenne du pétrole brut marque un net ralentissement à 64,22$ pour le mois de juin 2019. Cette baisse des prix de l'or noir est contrastée par la guerre commerciale menée par les États-Unis ainsi que la mise en garde de l'Iran aux dirigeants européens contre toute obstruction à ses exportations de pétrole sur fond d'escalade de tensions dans le Golfe.

    Les cours du baril de Brent en baisse de -13,7% sur un an

    En juin 2019, la cotation moyenne du baril de Brent a atteint 64,22$ contre 71,29$ le mois dernier. Depuis le début de l'année, les cours moyens de l'or noir ont augmenté de +8,1% entre janvier et juin 2019. A contrario, l'évolution des prix marque une baisse notable sur un an au sens où les cours moyens du pétrole signent une baisse de -13,7%.

    Du côté de nos frontières, dans l'ensemble, les prix de l'énergie marquent un ralentissement plus prononcé que le mois précédent avec une hausse de +2,4% sur un an contre +3,4% en mai et +4,8% en avril. Plus précisément, on notera un repli des prix des produits pétroliers avec -1,3% sur un an contre +3,4% en mai et +5,7% en avril. Quant aux prix des carburants, d'après les données du Ministère de l'écologie, les prix de vente HT du gazole, du sans plomb 95 et du sans plomb 98 marquent également un ralentissement par rapport au mois de mai avec des hausses respectives de +3,0%, +16,0% et +15,9% depuis janvier 2019.

    Iran : montée des tensions sur fond de pétrole et d'uranium

    Alors que les conflits vis-à-vis de l'Iran avaient été éclipsés par la forte personnalité de Donald Trump et son désir de rétablir la suprématie commerciale américaine, les récents événements tendent à faire renaître de nouvelles tensions avec le Moyen-Orient sur la scène internationale.

    En ce début de mois de juillet, un navire iranien a été intercepté au large de Gibraltar par les autorités britanniques. L'Iran est soupçonné de livrer du pétrole à la Syrie, en violation des sanctions internationales contre Damas. Cette opération survient quelques jours après l'annonce du dépassement par Téhéran de la limite imposée à ses réserves d'uranium faiblement enrichi. Cette annonce intervient en plus de l'escalade des tensions avec les États-Unis, ce qui fait craindre un embrasement dans la région du Golfe. Citée par le journal Le Monde, cette opération serait la suite d'une demande américaine. D'après le ministre des affaires étrangères espagnol, Josep Borrell, l'opération navale aurait eu lieu à la suite d'une " demande adressée par les Etats-Unis au Royaume-Uni ". Rappelons qu'en juin dernier, deux bateaux transportant du pétrole ont subi des " attaques " dans le golfe d'Oman. Ces incidents interviennent sur fond de crise diplomatique entre l'Iran, les pays du Golfe et les États-Unis, ce qui peut faire craindre des variations sur le marché de l'or noir.

    En effet, les États-Unis continuent d'appuyer les sanctions iraniennes afin d'exclure le pétrole iranien des transactions internationales, ce qui pourrait avoir effet de réduire l'offre de pétrole brut sur le marché alors que la demande tend à s'accroître comme nous l'avons souligné dans notre précédente note.

    Ainsi, l'Iran muscle son jeu sur le plan diplomatique suite à l'escalade des tensions. Téhéran a mis en garde les États européens contre toute obstruction à ses exportations de pétrole, estimant que l'accroissement de ce genre d'incidents compromet les efforts actuels pour sauver l'accord nucléaire de 2015. Rappelons que cet accord prévoit le maintien pour l'Iran de pouvoir exporter son pétrole. Le vice-ministre iranien des affaires étrangères a estimé que " tout obstacle à la façon dont l'Iran exporte son pétrole va à l'encontre de l'accord nucléaire ", dont les États-Unis se sont détachés mais qui réunit toujours la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Russie et la Chine.

    Ce climat actuel n'est pas propice à une stabilité des cours du pétrole alors que les prévisions annoncent un cours moyen du baril de Brent attendu à 68,77$ d'ici la fin de l'année 2019.

    Cette lettre est réalisée par : Kader Berachoua, Pierre-louis Passalacqua

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