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    Pétrole : tensions géopolitiques sur fond d'attaque de drones

    08 octobre 2019

    Alors que plusieurs spécialistes du secteur avaient prédit que les récentes attaques de drones sur les installations pétrolières d'Arabie saoudite devaient enflammer les cours du brut, la cotation moyenne du pétrole brut marque une hausse mensuelle de +6,4% pour le mois de septembre 2019, soit une cotation moyenne du baril de Brent de 62,83$. Cette attaque de drones sur les installations pétrolières saoudiennes, représentant 6% du stock mondial, a fait perdre en quelques heures une capacité équivalente à 60 % de sa production habituelle. Cet événement est inédit et fait renaître des risques d'inquiétudes quant à l'avènement d'un nouveau choc pétrolier dont nos économies ne seraient pas prêtes à affronter.

    Les cours du baril de Brent en baisse de 20,4% sur un an

    En septembre 2019, la cotation moyenne du baril de Brent a atteint 62,83$ contre 59,06$ en août dernier. Depuis le début de l'année, les cours moyens de l'or noir ont augmenté de +6% entre janvier et septembre 2019. A contrario, l'évolution des prix sur un an marque une baisse notable au sens où les cours moyens du pétrole signent une baisse de 20,4%.

    Du côté de nos frontières, dans l'ensemble, les prix de l'énergie marquent une stabilité avec +0,8% sur un an en août. Plus précisément, on notera un repli des prix des produits pétroliers avec -1,9% sur un an contre +1,0% en juillet. Quant aux prix des carburants, d'après les données du Ministère de l'écologie, les prix de vente HT du gazole, du sans plomb 95 et du sans plomb 98 marquent quelques évolutions notables en septembre avec des hausses respectives de +6%, +12% et +12% depuis janvier 2019, des hausses de prix qui sont moins fortes que ce que l'on avait remarqués dans nos précédentes éditions.

    Arabie saoudite : l'ombre iranienne derrière la récente attaque de drones

    Alors que les conflits vis-à-vis de l'Iran avaient été éclipsés par la forte personnalité de Donald Trump et son désir de rétablir la suprématie commerciale américaine, les récentes attaques sur des sites pétroliers de la compagnie Aramco tendent à faire revivre de nouvelles tensions et la crainte d'un choc pétrolier.

    Le 14 septembre dernier, des drones ont visé des installations pétrolières du géant Aramco en Arabie saoudite. L'attaque a été revendiquée par les Houthistes, la faction yéménite soutenue politiquement par Téhéran. Dans un communiqué, les rebelles yéménites font état d'" une opération d'envergure ". Cette attaque serait une riposte aux frappes aériennes de la coalition militaire menée par l'Arabie saoudite. Cette attaque serait donc la conséquence de la guerre au Yémen déclenchée en 2014 par une offensive des Houthis qui se sont emparés d'un vaste territoire dont la capitale Sanaa. Rappelons que ce conflit a provoqué la pire crise humanitaire au monde d'après l'ONU.

    Suite à cette attaque de drones, les États-Unis ont fortement condamné cet événement et rappelé leur soutien à Ryad. La Maison Blanche a estimé que " des actions violentes contre des zones civiles et des infrastructures vitales pour l'économie mondiale ne font qu'aggraver les conflits et la méfiance ".

    L'Iran ne reste toutefois pas silencieux dans cette affaire. Le pays a qualifié ces accusations " d'insensées ". Selon le Wall Street Journal, des responsables américains et saoudiens enquêtent sur l'origine même de l'attaque, notamment que des missiles de croisière aient été lancés depuis l'Irak ou l'Iran. En outre, au lendemain de l'attaque, Bagdad a réfuté tout lien avec ces destructions.

    Ainsi, ces événements inédits font renaître les craintes d'un nouveau choc pétrolier, fragilisant ainsi l'économie mondiale et sa dépendance à l'or noir. Néanmoins, il faut apporter une nuance à cette attaque de drones puisque le groupe Aramco a déclaré qu'il puiserait dans ses stocks pour compenser partiellement la baisse.

    Cette lettre est réalisée par : Kader Berachoua, Stéphane Chen, Pierre-louis Passalacqua

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