Gestion quotidienne & pilotage stratégique :
éliminez vos doutes, contactez un expert SVP

    Rupture conventionnelle et arrêt maladie

    La Cour de cassation admet la possibilité pour un employeur de conclure une rupture conventionnelle avec un salarié ou des salariés en arrêt maladie. Toutefois, conclure un tel mode de rupture conventionnelle du contrat de travail avec un salarié en arrêt de travail malade peut, parfois, être risqué car ce dernier peut faire valoir que sa maladie a altéré son consentement. En cas de vice de consentement, la sanction est la nullité de la rupture conventionnelle et la requalification de la rupture du contrat de travail en licenciement sans cause réelle et sérieuse.





    La rupture conventionnelle peut, en principe, être valablement conclue avec un salarié ou des salariés en arrêt maladie



    Selon les dispositions du Code du travail, l’employeur et le salarié en arrêt de travail peuvent convenir en commun des conditions de la rupture du contrat de travail qui les lie. La rupture conventionnelle qui n’est ni un licenciement, ni une démission, ne peut être imposée par l’une ou l’autre des parties. Elle résulte d’une convention signée d’un commun accord par l’employeur et le salarié dont la liberté de consentement est garantie.



    La loi ne donne aucune précision quant à la validité d’une rupture conventionnelle conclue avec un salarié en arrêt maladie. L’administration précise que dans les cas de suspension du contrat de travail ne bénéficiant d’aucune protection particulière (congé parental d’éducation, congé sabbatique, congé sans solde, etc…), aucune disposition n’interdit aux parties de conclure une rupture conventionnelle.



    La Cour de cassation valide la rupture conventionnelle conclue par un salarié en arrêt maladie au moment de la signature de la convention dès lors que son consentement est libre et éclairé.





    La rupture conventionnelle conclue avec un salarié en arrêt maladie est valable si toutes les garanties d’un consentement libre et non équivoque sont prises par l’employeur



    Selon les dispositions du Code du travail, l’employeur et le salarié conviennent du principe d’une rupture conventionnelle lors d’un ou plusieurs entretiens au cours desquels le salarié peut se faire assister.

    Il a été jugé que n’est pas valable la convention de rupture conventionnelle intervenue en période de suspension de contrat de travail pour maladie sans que le salarié soit mis en mesure de se faire assister, ce qui caractérise la précipitation qui pèse sur la liberté de consentir.

    Selon les juges, le salarié est fondé à invoquer une situation de contrainte qui est une cause de nullité de la convention de rupture.



    Concernant les modalités d’organisation de l’entretien ou des entretiens, l’employeur doit veiller à laisser un délai suffisant entre la date de l’invitation à entretien de rupture conventionnelle et l’entretien préalable pour permettre au salarié en convalescence de préparer la procédure et éventuellement de prendre contact avec un assistant. Par ailleurs, l’employeur doit s’assurer que l’heure de l’entretien de rupture conventionnelle coïncide avec les heures de sorties autorisées par la Sécurité sociale.



    Il a été jugé également que la rupture conventionnelle n’est pas valable lorsque la convention de rupture est conclue à l’issue du premier entretien sans que le salarié en arrêt maladie ait pu disposer d’un temps de réflexion alors que le salarié a un état fragile et qu’il était revenu au travail depuis seulement trois jours après trois mois et demi d'arrêts de travail quasiment ininterrompu.



    La rupture conventionnelle n’est pas valable si le salarié en arrêt maladie ne dispose pas de toutes ses facultés mentales



    La sincérité du consentement à la rupture conventionnelle du salarié peut être remise en cause lorsque ce dernier semble être en situation de « fragilité ».



    Ainsi, la Cour de cassation a invalidé une rupture conventionnelle en raison de l’existence d’une altération des facultés mentales du salarié, lors de la signature de la convention de rupture, de nature à vicier son consentement.

    Dans cette affaire, un salarié, sujet à de graves problèmes, sollicite son employeur en vue de la conclusion d’une rupture conventionnelle. L’employeur accède à cette demande.

    Après la rupture du contrat de travail, le salarié demande la nullité de la rupture conventionnelle au motif du vice de son consentement.

    Son argumentation repose sur la production de plusieurs certificats médicaux établis postérieurement à la rupture du contrat de travail qui attestent qu’il n’est pas mentalement apte à prendre une décision.

    La Cour d’Appel s’appuie sur différents certificats médicaux faisant état de « troubles neuropsychologiques déjà présents », « un état de santé altéré », « le constat d’une tumeur à évolution lente du salarié ne lui conférait ni la sérénité suffisante, ni même l’aptitude pleine et entière nécessaire pour négocier la rupture de son contrat de travail ».

    La Cour de cassation approuve la décision de la Cour d’Appel, annule la convention de rupture conventionnelle et requalifie la rupture en licenciement sans cause réelle et sérieuse.



    Il est donc important de mener une procédure de rupture conventionnelle avec prudence lorsqu’il s’agit d’un salarié en arrêt de travail pour maladie ou qui revient de maladie ou encore qui fait état de dépression ou de « burn-out ».



    Article L 1237-11 du code du travail

    Circulaire DGT n° 2009-04 du 17 mars 2009

    Cass.Soc. 30 septembre 2013, n° 12-19.711

    Article L 1237-12 du code du travail

    Cour d’Appel d’Amiens du 11 janvier 2012, n° 11-00555

    Cour d’Appel de Lyon du 7 novembre 2013, n° 12-04126

    Cass.Soc. 16 mai 2018, n° 16-25.852



    Ressources humaines : les compétences des experts SVP

    Ressources humaines - les articles de nos experts

    Les articles des experts SVP sur le même thème

    Coronavirus : un projet de loi d'urgence au Sénat

    Afin d'adapter le droit du travail et de le droit de la sécurité sociale à la pandémie, un projet de loi d'urgence pour faire face à l'épidémie de Covid-19 est en lecture au Sénat.

    Lire la suite >>


    Prestations familiales : revalorisation au 1er avril 2020

    La circulaire interministérielle n°DSS/SD2B/2020/33 du 18 février 2020 revalorisent les prestations familiales versées en métropole, en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin et dans le département de Mayotte à compter du 1er avril 2020.

    Lire la suite >>


    Coronavirus (COVID 19) – Alertes du 18 mars 2020

    Face à la pandémie COVID 19, SVP réalise gratuitement une veille à destination des entreprises et des collectivités. Une équipe de veilleurs collecte quotidiennement toutes les informations officielles, réglementaires et économiques permettant d'anticiper et mesurer les risques dans un environnement professionnel. Retrouvez toutes les informations pouvant vous aider dans votre prise de décision (mesures sanitaires, appui aux entreprises (aides et mesures fiscales), obligations des employeurs et impact économique du coronavirus…)

    Lire la suite >>


    Reconversion ou promotion par alternance :mise en œuvre et modalités de financement

    Un décret du 16 mars 2020*, modifie et complète les conditions de mise en œuvre et les modalités de financement de la reconversion ou la promotion par alternance.

    Lire la suite >>


    Indices des prix à la consommation – Février 2020

    Consultez les dernières valeurs de l'indice des prix à la consommation France Entière et Ménages Urbains parues le 13/03/2020 et téléchargez l'évolution des IPC depuis novembre 2017.

    Lire la suite >>


    Les tendances couleurs Printemps - Été 2021

    Décryptage des tendances couleurs suite à notre visite sur le salon Première Vision Paris (édition février 2020). Ces gammes de couleurs sont annoncées deux ans et demi en amont pour les filateurs qui fourniront leurs fils de couleurs aux fabricants de tissus. Ces derniers vendront leurs tissus 18 mois à l'avance aux fabricants de prêt à porter et aux créateurs, à l'occasion de cette manifestation.  

    Lire la suite >>


    Coronavirus : la mise à jour du Document Unique d'Evaluation des Risques Professionnels (DUERP)

    Le DUERP doit être mise à jour d'une manière systématique une fois par an. Il doit l'être également lors de toutes décision d'aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail. Le troisième cas de mise à jour de DUERP concerne le recueil d'une information supplémentaire qui intéresse l'évaluation des risques.

    Lire la suite >>


    Coronavirus/Covid-19 : l'URSSAF accompagne les entreprises et les travailleurs indépendants

    Dans des brèves publiées les 12 et 13 mars 2020, le site de l'URSSAF détaille les mesures exceptionnelles dont peuvent bénéficier les entreprises et les travailleurs indépendants impactés par l'épidémie du coronavirus.

    Lire la suite >>


    Le déploiement de la télémédecine face au coronavirus

    Un décret facilitant le recours à la télémédecine lors d'une consultation liée au coronavirus est paru le 10 mars au journal officiel. Il définit de nouvelles dérogations aux conditions de prise en charge des actes de télémédecine pour les personnes atteintes par le Covid-19.

    Lire la suite >>


    Régime Complémentaire des Indépendants : revalorisation des points

    Une circulaire CNAV du 10 mars 2020 fixe le taux de revalorisation de la valeur de service du point du Régime Complémentaire des Indépendants (RCI).

    Lire la suite >>